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Au choeur de la musique consistoriale

 

 

Dimanche 13 et 20 octobre prochains, la communauté juive de Copernic présente un concert de musique liturgique « consistoriale » dans l’enceinte de sa synagogue. L’occasion de revenir sur un pan oublié de l’histoire du judaïsme français.

 

De nombreuses synagogues en France sont équipées d’un orgue. Pourtant, à l’heure des prières, aucun d’eux n’émet le moindre son ; sauf un, celui de la communauté de Copernic, qui reste à ce jour la seule communauté juive de France à avoir recours à un orgue et à un chœur pour ses offices de chabbat et des grandes fêtes. La musique qui s’y joue est appelée musique consistoriale, ayant vu le jour avec la création du Consistoire, sous l’égide de Napoléon au début du 19ème siècle. Auparavant, la liturgie juive en France relevait essentiellement de la tradition orale, et ce n’est que sous l’impulsion du Consistoire qu’elle commença à être transcrite sur partitions, première étape vers l’accompagnement instrumental et choral. Grâce à son potentiel polyphonique, l’orgue s’imposa dans les synagogues françaises comme l’instrument de prédilection pour accompagner les fidèles dans leurs prières, à l’instar des communautés juives de Prague et de Venise, où on pouvait l’entendre lors des offices dès le 17è siècle.

 

La musique consistoriale a connu ses plus grandes heures grâce à des compositeurs tels que Samuel Naumboug, Samuel David et Emile Jonas au XIXème siècle, puis Jules Franck et Léon Algazi au XXème. Leurs compositions et le style de leurs arrangements attestent d’une volonté d’intégrer l’esthétisme musical de leur temps, soulignant une fois de plus combien le Consistoire et les juifs français d’alors étaient animés d’un désir d’intégration et d’ouverture sans précédent. Si, de nos jours, les orgues des synagogues consistoriales se sont définitivement tus et les chœurs mixtes en ont été bannis, c’est parce que la Loi Juive l’interdit. La décision fut prise au lendemain de la Seconde guerre mondiale, lorsque le Consistoire se rapprocha du judaïsme orthodoxe. Étrange ironie du sort qui voyait la musique consistoriale contrainte d’exister dans un cadre non consistorial, emblématique de l’éternelle dispute qui oppose le judaïsme réformé au judaïsme orthodoxe, et dont il est clairement question à travers cette décision.

 

Afin de conserver et transmettre la mémoire de ce que fut le judaïsme en France pendant plus d’un siècle, l’ULIF Copernic organise, en partenariat avec la Fondation Moses Mendelssohn, deux concerts de musique consistoriale. À cette occasion, un hommage sera rendu à Armand Benhamou, 1er prix d’excellence de l’Opéra et du Conservatoire de Paris, et hazan de la synagogue de Copernic depuis 20 ans. Au travers de sa vibrante voix de baryton, accompagnée d’un chœur de 16 chanteurs et d’une organiste, ces concerts vous plongeront dans les plus célèbres chants de la liturgie juive.

 

Laura Toriot

 

Réservations concert « 20 ans avec Armand Benhamou » sur le site de l’ULIF (13 octobre 2013, 18h, 20 octobre 2013, 18h) ou par téléphone au : 01 47 04 37 27.

Armand Benhamou, chant, avec Nicole Wiener, orgue, et le chœur liturgique de l’ULIF, direction Didier Seutin.

Le concert, suivi d’un cocktail dînatoire, sera capté en vidéo et audio pour la réalisation d’un ensemble CD/DVD en hommage à Armand Benhamou. Chaque spectateur recevra le coffret CD+DVD dès sa parution.

Tarifs : Carré Or (places numérotées) : 95€ (cd + dvd inclus) – Membres ULIF, MJLF, CJL, KG, BERNARDINS : 80€
Autres places : 60€ (cd + dvd inclus) – Membres ULIF, MJLF, CJL, KG, BERNARDINS : 50€

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