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Crazy Rabbi, La grande aventure, chapitre 3

 

Chapitre 3

 

 

Dadou Boulette s’écria : « Regardez, il y a un message sur la porte ! »

 

« Mais qu’est ce qu’il dit, ce message ?  » demanda Gabriel Marciano, le coiffeur apparemment très très inquiet pour son boucher et ami monsieur Teboul.

 

Sans hésiter un instant, Dadou et Prof se lancèrent ensemble dans la lecture du message :

 

« Chers amis et chers clients,

 

Face à la terrible et soudaine instabilité mondiale des cours du cacao, la direction générale des établissements Teboul (c’est-à-dire moi-même) a pris la sage et exceptionnelle décision de fermer immédiatement les portes de la boucherie et ce jusqu’au retour à la normal des cours du cacao. D’ici la toutes les commandes sont suspendues.

 

 Salomon Teboul ».

 

 

Il y eut comme un long silence dans l’attroupement, tous se regardaient dubitatifs et dépités… Et le silence fut rompu :

 

– Madame Blum : « Je n’en crois pas un mot, cette histoire de cacao, ce n’est que de la poudre aux yeux ! »

 

– Monsieur Marciano : « Oulalala, c’est une catastrophe ! »

 

– Monsieur Salomon Schmoulevitch (des établissements Shmoutex) : « Je suis sûr qu’il est parti à la recherche de son trésor ! »

 

– Monsieur Marciano : « Oulalala, c’est une catastrophe ! »

 

– Rosette Papernick : « Et si ça ce trouve, il s’est même enfui avec le trésor ! »

 

– Monsieur Marciano : « Oulalala, c’est une catastrophe ! »

 

 

Excédé, le docteur Amouyal s’approcha de monsieur Marciano pour tenter de l’apaiser et le réconforter :  » Monsieur Marciano, calmez-vous enfin, monsieur Teboul va revenir rassurez vous ».

 

« Mais non, c’est une catastrophe, vous ne vous rendez pas compte, j’ai ma commande à retirer aujourd’hui : il y a 5 poulets, deux rôtis, trois salamis et un pot de cornichons… C’est une vraie catastrophe ! Qu’est-ce que je vais dire à madame Marciano ce soir, et surtout qu’est-ce qu’elle va me dire… Oulalala… »

 

Réalisant alors la gravité de la situation, le docteur Amouyal déclara d’un ton des plus solennels :

 

« Les amis, il se passe quelque chose d’anormal… Jamais Monsieur Teboul ne serait parti avec de la marchandise ni remise, ni encaissée. Crise du cacao ou pas, il n’aurait jamais fait ça ! Cette disparition devient des plus étranges. Unissons-nous pour retrouver monsieur Teboul et faire que la boucherie puisse rouvrir ses portes au plus vite ! Dès ce jour, nous allons installer des affiches avec la photo de Monsieur Teboul dans tout le quartier de la kippa dorée. Nous allons aussi créer une ligne téléphonique spéciale pour recueillir tout témoignage susceptible de faire avancer notre enquête. Je propose d’utiliser le numéro du salon de monsieur Marciano ».

 

 

Monsieur Marciano, toujours sous le choc de ses poulets et rôtis captifs à l’intérieur de la boucherie, répliqua néanmoins avec un grand sourire : « Non seulement j’accepte, mais en plus j’offrirai ma célèbre coiffure  » la spéciale  Gabriel * à tout témoin nous permettant de retrouver monsieur Teboul ! ».

* «La spéciale Gabriel», l’ œuvre de Gabriel Marciano, était la coiffure qui lui avait fait gagner le célèbre trophée des ciseaux d’Or à Oujda en 1959.

 

 

Malheureusement, les modes capillaires étant éphémères il était le seul aujourd’hui à encore porter cette coiffure révolutionnaire… Mais certain de son renouveau imminent, monsieur Marciano utilisait toutes les opportunités pour  promouvoir « La spéciale Gabriel ».

Dadou Boulette, Prof et moi-même suivions les événements avec intérêt quand soudain une voix amie s’adressa à nous : «Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’ils ne retrouveront jamais monsieur Teboul en utilisant ces méthodes…».

 

 

C’était  Ly Cohen, qui venait nous rejoindre après avoir entendu Dadou et Prof lire le message de monsieur Teboul.

Ly Cohen, Ly Chen de son nom d’origine, était le fils de vénérables commerçants chinois : Chang et Chow CHEN, qui avaient choisi d’installer leur petite blanchisserie dans le quartier de la kippa dorée, dès leur arrivée de leur Pékin natal.

 

 

Leur première cliente fut madame Blum, qui sans aucune hésitation appela madame Chow Chen « madame Chou Cohen ».  Dès lors, avec l’appui de sa cousine Rosette Papernick, l’information « Et oui, bien sûr, les Chen sont des Cohen » se répandit comme une trainée de poudre, et la blanchisserie Chen de Pékin devint en quelques heures et pour tout le quartier, la blanchisserie Cohen de Pékin (très certainement la seule au monde d’ailleurs…).

 

 

Donc leur fils de 11 ans, Ly Chen dit Ly Cohen, était notre ami fidèle. Ly reprit sa phrase : «Les amis, je pense que ça va être a nous d’agir !»…

 

 

A suivre…

 

 

Daniel Benchimol

 

Retrouvez l’introduction, le chapitre 1  et le chapitre 2 de « Crazy Rabbi, la grande aventure ».

 

 

 

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