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Do you spique sépharade ?

Melki JewPop

 

Le français est une langue riche, belle et souvent appréciée hors de nos frontières. Dans son évolution, elle a subi moult changements (comme le débat passionné sur la disparition de l’accent circonflexe). En arrivant sur le sol français, la communauté juive originaire d’Afrique du Nord y a également apporté sa touche et fait entrer différents mots ou expressions dans le vocabulaire (allégorie de la pointe d’harissa sur la baguette). Rendons hommage à ce savant mélange en faisant une revue des mots ou expressions sépharades les plus usitées.

 

Couscous sépharade JewPop

 

Alerte : zone de danger ou de plaques épidermiques pour tout Gefilte Fish ou vodka addict !

 

Aïch oueldi, aïch benti : pourrait se traduire par « s’il te plaît mon fils/ma fille ». Mais plus dans le sens « s’il te plaît, moi je peux plus… et Madame Chiche, la pauvre, tu sais qu’un jour, elle a essayé d’attraper le bol alors qu’elle était trop petite. Elle l’a prise en pleine tête la malheureuse ».

Aouda : indique le côté répétitif, voire usant, « encore », « allez, c’est reparti », mais là, on est plus dans le côté énervé. Exemple : « Aouda le bowling », « Aouda le Clara», « Aouda Cyril Hanouna, il dit qu’il aime son invité».

Brêle : un idiot, quelqu’un de vraiment pas malin. Exemple : « quelle brêle celui-là, je lui ai demandé une pkeila, où ils étaient les épinards ? Où ? »

Lala : se prononce aussi « lôlô ». C’est en quelque sorte le néant, le mauvais côté, tout ce qu’on ne veut pas. Exemple : « La dafina, elle est prête ou lala ? »

 

Roger Hanin sépharade JewPop

Miskina : pour indiquer toute mauvaise situation, ou quelque chose que l’on ne voudrait pas avoir. Exemple : « Ma mère, miskina, elle voit plus que d’un œil », ou encore « Norbert, miskine, il a tout vendu ! ». En alternance avec « le malheureux/la malheureuse ».
PS : ne jamais oublier d’exagérer,  afin que la personne en face de vous plisse les yeux de pitié et hoche la tête, tout en disant « ohlalalala ».

Chouf : est généralement suivi d’un deuxième « chouf ». Indique qu’on veut vraiment montrer quelque chose à quelqu’un. Exemple : « Paulette, chouf, chouf, c’est Monsieur Dahan dans la télé ! » (Oui, on ne passe pas à la télé chez les sépharades, on y rentre).

H’mar : alors là, on est dans le paroxysme du manque de respect. Traduire par « âne ». L’idiot fini ! Exemple : « Espèce de h’mar va ! Pourquoi tu vas parler avec lui ? C’est un mytho ! Il va te retourner le cerveau » (notez bien le mépris), ou encore « Oh, tu me prends pour un h’mar ? » (à re-noter le mépris).

Babosso : synonyme : Patrick Sébastien. C’est un peu le beauf chez les Juifs, limite le type un peu simplet. Le gars qui conduit pas assez vite ou qui s’est fait avoir dans un deal. Exemple : « Regarde-moi ce babosso » (autre version du mépris).

Zarma : « Genre ». Mais rien à voir avec la distinction. Non, là, on indique clairement que la personne en question ment, qu’il en rajoute. Exemple : « Il a sorti la voiture zarma c’est à lui ».

 

55 Sépharade JewPop

 

Hamcha : ALERTE ZONE D’HUILE ! ALERTE ! QUE TOUS LES MAROCAINS QUITTENT LES LIEUX ! JE RÉPÈTE : CODE MOHAMED 6 ACTIVÉ ! Il s’agit effectivement du nombre 5 en arabe. Si le 8 est symbole de porte-bonheur chez les Chinois (c’était le point C’est pas Sorcier, merci Jamy), le 5 l’est chez les Tunisiens notamment. Plus le nombre 5 est présent, plus il portera bonheur. On demande ainsi qu’une armée de chiffres 5 vienne engloutir ceux qu’on aime (….). Exemple : « Que vous êtes beaux ! 5 sur vous ! Hamcha ! Hamcha ! »

Darka : il ne s’agit pas du fils caché de Darty et de la chapka. C’est un mot qui peut qualifier une personne ou bien une situation telle que « drôle », « sympa », « cocasse » (pour nos amis baby-boomeurs) ou « trop des barres » pour nos amis tout le temps accrochés à leur téléphone, DE TOUTES FAÇONS, C’EST QU’UNE GÉNÉRATION DE PETITES FEIGNASSES, JE TE LES ENVERRAIS DIRECT A L’ARMÉE MOI ! Mais là je m’égare… Exemple : « Il a glissé sur la neige, quelle darka ! ».

Astuce : toujours rajouter « mama, quelle rigolade », « j’en pouvais plus, j’avais un fou rière (avec l’accent pied-noir) ».

Blata : peut se traduire par une personne sans-gêne. Entre le culot et le sans-gêne. Peu courant chez nous. Exemple : « Mais rien qu’il fait pas la queue, quel blata celui-lààààààà ! Oui, monsieur, c’est de vous que je parle, chacun son tour !»

Laister : mot qui exprime le dégoût. Une sorte de « beurk ». Exemple : « Il arrête pas de m’envoyer des messages, il pue, laister celui-là ». Marche aussi avec la bouffe, mais jamais pour celle de mamie, sinon, tu vas finir accroché par les pieds dans le vide.

 

Séfarade JewPop

 

Laorina : un peu dans la même veine que le précédent. Pourrait se traduire par « Ouh mais quelle horreur » et en un seul mot, efficacité. Exemple : « T’as un panaris ? NON ME MONTRE PAS, OUUUUUH LAORINA ! » (J’espère que vous n’étiez pas à table pendant la lecture de celui-ci. Si tel est le cas, vous êtes malpoli, auriez-vous la délicatesse de lâcher votre portable ?).

« Rrrrrrrkh » : alors, là, il ne s’agit pas d’un mot, ni du film d’Alain Chabat, mais bien d’une onomatopée. Pour ce faire, raclez votre bouche, mais imitez presque le chat énervé. Elle pourra communiquer plusieurs choses à la fois dans la bouche d’un sépharade : le dégoût, indiquer à la personne en face de nous qu’elle fait fausse route ou qu’elle se trompe. Exemple : « 5000 ? Mais non, rrrrrrrkh, bien plus ! »

Schkoun : « Qui c’est ? » Celle-là, toujours demander de façon un peu énervée, parce qu’on ne supporte pas de ne pas connaître quelqu’un. On connaît tout le monde, tia compris ? Exemple : « Schkoun Karine Ferri ? Non, moi je connais Nikos, à The Voice là ».

Astuce : pour les vrais de vrais, ajouter « adek ». Vous verrez, ça fera toujours son petit effet dans les soirées de l’ambassadeur.

Schnouada : « C’est quoi ça ? ». Là, il ne s’agit plus d’une personne mais d’une situation, d’un objet, etc… Pareil, ne jamais oublier de la jouer OFFENSIVE, de prendre la solution OFFENSIVE. Ne pas comprendre une situation peut être très vexant, alors pour être au courant immédiatement… Ex : « Schnouada ? L’usufruit de notre quote-part, c’est quoi ce truc ? ».

 

Si après avoir lu cet article, vous avez les doigts remplis d’huile, c’est que vous mangez en même temps, LÂCHEZ UNE BONNE FOIS POUR TOUTES CE PORTABLE !

 

Samuel Sarfati

Lire la chronique de Samuel Sarfati Les 10 signes qui montrent que l’on regarde un match de football avec des Juifs

 

© photos et visuels : DR

Article publié le 11 février 2018. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2018 Jewpop

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2 Commentaires sur "Do you spique sépharade ?"

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Annabelle
Invité

Schkoun Samuel Sarfati ? ENORME (et je ne suis pas encore à table ! 😉

Mymy
Invité

Yes yes mais ç’aurait été bien de placer soit au début, soit à la fin, la vraie traduction littérale entre parenthèses, comme pour « schnouaada ».

Pour « laïster » par ex., il s’agit de la contraction de « allah yester » = D-ieu préserve.

Ce n’est jamais gênant de s’instruire en s’amusant.

Et pour « lala », y’a une petite erreur car ça n’existe pas.
« oula » = ou bien ; « lah » = non.
L’expression est donc : « oula lah » = ou bien non.

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