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Kosher Pizza, la restauration version mitzva

 

 

 

En matière de restauration, il y a encore plus surprenant que celle du Christ de Borja, en Espagne. Il y a le restaurant Kosher Pizza de la rue des Rosiers à Paris. Tout y transpire l’idée que si on y mange, on aura déjà tous les bénéfices d’avoir fait une mitzva, alors ce serait déplacé d’en demander plus.

 

D’abord, le local. C’est l’un des seuls à ne pas avoir une file d’attente longue de trois jours dans la rue, à l’entrée. Il faut dire que l’enseigne vert kaki et la grille sur la vitrine façon zoo ou anti-caillassage par d’éventuels nazis de passage, n’ont rien d’aguichantes. A l’intérieur, 6 tables, un comptoir et deux cuisiniers-rabbins qui s’improvisent avec application pizzaiolos option four à bois. Niveau décoration visuelle, quelques menorah, un mur en pierres qu’on suppose venues du Mur des Lamentations, et un panneau en bois avec un long texte en hébreu. Niveau décoration sonore, l’intégrale des tubes Loubavitch en volume 32. Niveau clientèle féminine, beaucoup d’ombre à paupières ; niveau clientèle masculine, pas l’ombre d’un prépuce.

 

 

Ensuite, le service. Pour être servi, il faut d’abord demander un ticket numéroté au comptoir. Une fois ce ticket obtenu, il faut attendre à sa place, d’être appelé. En attendant, on peut éventuellement glisser des messages dans les interstices des pierres du mur pour demander à D’ieu que le service aille plus vite parce qu’on crève la dalle. Une fois que notre numéro est cité, on peut passer sa commande, en regardant le menu affiché au mur sur une feuille Canson rose fuchsia écrite au feutre. Le marketing moderne poussé à son paroxysme. Pendant l’attente, dont la durée est assez proche du temps que les Hébreux ont passé dans le désert, inutile d’espérer que des couverts, des verres, ou tout autre signe distinctif des arts de la table ne soient apportés. C’est beaucoup trop matérialiste. Quel intérêt ?

 

 

Enfin, la pizza en elle-même. Servie sur une grande assiette en métal, aucun reproche ne peut lui être fait. Aucun. Elle est fine, très fine, avec de la sauce tomate légèrement sucrée et du fromage râpé qui a un vrai bon goût de fromage. Voilà pourquoi on ne peut s’empêcher de retourner encore et encore dans cette pizzeria hors du commun et hors du temps. Ce n’est pas un fast-food, c’est un slow-food. Une pizzeria en « shlomotion ».

 

Ingrid Zerbib

Copyright photos : Ingrid Zerbib

 

Kosher Pizza, le film !

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