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La Haggadah pour les nazes

 

 

Il était une fois, il y a fort longtemps, une flopée de métèques sans papiers bons pour une fouille au corps et une reconduite à la frontière, qui demanda asile dans le pays le plus prospère de la région.

 

C’était une période faste, avec une politique de grands travaux, les immigrés occupaient des jobs bien pénibles dans le bâtiment et avaient rapidement obtenu des papyrus de résidents. Mais un beau jour ce fut la CRISE… Le cours de la momie s’effondra. Tables rondes et commissions ministérielles se multiplièrent afin d’éviter une révolte du pain, qui aurait pu aboutir à une crise gouvernementale avec immolations en tout genre, sit-in place Tahrir, comptes Twitter bloqués et statuts Facebook subversifs. Le Pharaon décida donc qu’il fallait focaliser l’attention du peuple égyptien sur ces immigrés, et les désigna travailleurs bénévoles. En effet, de tous temps, les seuls qui acceptent de travailler gratos, c’est des stagiaires ou des esclaves. Et dans l’Egypte antique, le stagiaire était rare.

 

Le peuple de crève-la faim souffrit terriblement, ce qui émut l’Éternel (pour info, l’Éternel était un idéologue à barbe blanche, qui a pondu UN best-seller et qui depuis donne autant de nouvelles que tu en donnes à ta mère quand tu pars en vacances au Club Med), qui décida de les aider, sauf qu’au lieu de les télé-transporter d’Egypte à un endroit sympa ou il y aurait à la fois eu de l’eau du pétrole, du gaz et de la place pour tout le monde (genre le Canada), il a décidé de faire les choses «à Sa manière».

 

 

Il a donc fait balancer un bébé sur le Nil par sa mère et sa sœur, et l’a fait arriver direct dans un panier en jonc devant les appartements de l’une des multiples filles/sœurs de Pharaon (il faut savoir qu’à l’époque, les mœurs égyptiennes ressemblaient étrangement à celle du Nord de la France, et je vous parle pas de leur passion des coups de fouet) qui le recueillit. Là tu te dis qu’aujourd’hui, l’histoire aurait fait la première partie de soirée sur NRJ12 en mode «jeté dans le Nil par sa famille, il est élevé par des hippopotames et recueilli par une sœur de Pharaon. Du fumier à la gloire, il nous raconte son expérience».

 

Moïse, qui était bègue et probablement pas super malin, ne comprit qu’une fois ado qu’il avait été adopté, et qu’avec sa tronche de métèque, il appartenait au Peuple asservi. Il fit sa crise d’ado, claqua des portes, dit « merde » à ses parents et essaya de fomenter une révolution. Il commença par monter un syndicat et envoya ses revendications au MEDEF (Mouvement Éclatant Des Éminents Faraons), lança quelques grèves de construction pyramidale, des pavés dans le Nil, et monta des barricades (toute ressemblance avec un juif gauchiste roux ayant sévi dans les années 60/70 est purement fortuite). Mais n’est pas Che Guevara qui veut ! Momo se fit bannir par Pharaon. Et c’est errant dans le désert qu’il chopa une meuf et l’épousa (avoue qu’en lisant cette histoire, ami(e) jewpopeur(euse), tu te demandes si t’as bien fait de payer ton abonnement Jdate).

 

 

C’était la fille de Jetro, un prêtre éthiopien, qui l’aida à s’installer en tant que berger. Tout allait bien dans la vie de Momo, SAUF qu’un lendemain de biture, alors qu’il allait tranquillement récupérer un mouton perdu, il tomba sur un buisson en feu qui ne brûlait pas… Le Buisson lui dit : (ouais je sais, p’têtre qu’il avait pas fait que boire) «Oh Moïse, viens ici … VIENS ICI J’TE DIS ! C’est DIEU qui te parle !». Et c’est là que tout a dérapé, Moïse s’est retrouvé obligé de partir en Egypte libérer son peuple sur ordre d’un buisson incandescent qui se prenait pour Dieu… Lorsqu’il arriva en Egypte, il alla direct au palais de Pharaon et lui dit « Yo Pharaon ! Let my people go Bro ! Ils sont tes esclaves depuis 400 ans, ça suffit !». Ce à quoi le Pharaon répondit «Écoute-moi bien Momo, je vous ai accueilli parce que vous creviez la faim dans votre bled et ça m’a coûté une blinde en infrastructures de toutes sortes ! Alors, si tu crois qu’avec tout ça, je vais laisser filer de la main-d’œuvre gratuite en période de rush pyramidal, tu te fourres ton bâton dans l’œil et j’reste poli».

 

 

Pharaon dit : «Magiciens, montrez-lui ma puissance !» et ils transformèrent leurs bâtons en serpents.

Là, Moïse transforma son bâton en serpent PLUS GROS.

Et là, BATAILLLLLLLLLLLE de bâtons transformés en serpents, qui se termina en bouffage des serpents des magiciens par celui de Moïse.

(Entre nous… un psy s’est-il penché sur cette bagarre de bâtons/serpents ?)

 

Pharaon vira alors du palais Moïse, qui le prévint qu’il ne lâcherait rien et qu’il reviendrait. Et lorsqu’il revint, Pharaon se mit la rate au court-bouillon «Y’a pas MOYEN que j’les laisse se tirer !». C’est alors que Moïse invoqua les plaies du ciel et là, ce fut le délire : Dieu transforma les eaux du Nil en sang, puis envoya une invasion de grenouilles. Si ça s’était passé en Chine ou en France, cette plaie aurait permis une multitude d’expériences gastronomiques. Mais bon, les égyptiens sont culinairement moins fun…

 

 

Flash info : On nous informe que par pure bonté d’âme, Spanghero veut bien débarrasser les égyptiens de toute cette viande de batracien inutile.

 

Il envoya ensuite des bêtes féroces, la peste, les furoncles, de la grêle avec du feu à l’intérieur, des sauterelles … Bref, le Grand Jeu. A la 9ème plaie, Dieu dit : « J’en ai assez, j’ai un calendrier à respecter. Chopez tous un agneau, égorgez-le, mettez du sang sur les linteaux de vos portes et barricadez-vous chez vous ».

 

Flash info : On nous informe qu’une action aurait été intentée par une certaine Brigitte B. pour faire retirer de la Bible cette incitation au génocide barbare des ovidés.

 

Et l’Éternel envoya son arme de destruction massive façon Hiroshima, Il étendit sa main sur l’Egypte et les premiers nés de chaque famille moururent. La mort des premiers nés causa bien des remous dans la société égyptienne et Pharaon fut forcé d’obtempérer. Ainsi, le peuple, muni d’un laissez-passer pharaonique, se barra fissa. Ils se carapatèrent si vite que le pain préparé n’avait pas encore eu le temps de lever. Et c’est comme ça que fut inventée la Laffa… Euh, la matsa, qui est nettement moins bonne, mais judaïquement correcte.

 

Le Peuple commença donc à marcher et arriva face à la Mer Rouge. Un cousin de Tsipora, la femme de Moïse (qui je le rappelle était éthiopienne) lui dit :  » Eh Mec, tu nous as mis dans la merde là Mec! Je sais pas pour toi Mec, mais je connais pas un seul blanc à des millénaires à la ronde capable de marcher sur l’eau Mec ! On fait comment pour aller de l’autre coté maintenant Mec ? ». À la suite de quoi Moïse, qui avait une propension à utiliser son gros bâton dans des situations inappropriées, le tendit bien droit, et ouvrit la mer ! C’est comme ça que les Hébreux ne sont jamais devenus champions du monde de surf, mais ont pu débouler vers le pays où coulait le lait, le miel et les falafels.

 

Chochana Toussaint

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© photos : DR

Article publié le 25 mars 2013. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2015 Jewpop

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