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L’à-peu-près sortie d’Egypte

 



Dans quelques heures, nous serons tous réunis (pas tous ensemble, mais chacun de son côté) pour célébrer Pessah. Cette fête commémore la sortie d’Égypte des Hébreux. Et crois-moi, même avec Dieu comme entraîneur, on avait autant de chances que Marthe Villalonga, Philippe Risoli, David Charvet et Albert de Monaco au relais 4×100 m.



 

Dieu a d’abord décidé de se mettre en quête d’un peuple. Oui c’est clair que quand t’es un Dieu, si t’as pas des mecs qui construisent un temple pour prier à ta gloire et te faire des offrandes, tu te sens aussi inutile que François Hollande pendant les élections départementales. Tu t’ennuies ferme. Le problème, c’est qu’il faut bien l’avouer, quand Dieu a déposé son stand dans l’allée centrale du désert, y a pas des masses de peuples qui se sont  montrés intéressés. Il a même eu beau multiplier les arguments et ponctuer ses phrases d’un tonitruant «Ça va cartonner les gars, faites-moi confiance !», il avait autant de succès que le buffet carpe farcie au mariage des enfants Boutboul-Lahmi.

 

Là où n’importe quel commerçant aurait décidé de rogner sur sa marge, Dieu a choisi, malgré sa grande marge de manœuvre, de ne pas baisser le nombre d’interdits et d’attendre sans ciller que son produit soit promis à
 un vif succès.

 Quand le peuple des Hébreux s’est pointé devant son étal, Dieu a senti que ça mordait. Un peu comme le camelot sur le marché de Créteil qui a vu ma mère caresser du bouts des doigts en sifflant d’admiration un service 72 pièces en porcelaine de Limoges «Made in China». Les Hébreux ont dit «on fera et on comprendra», ce qui équivaut à peu de choses près à balancer au vendeur «ouais c’est bon, mais bien sur que le buffet normand, il rentre dans ma Twingo, je vais rabattre les sièges».

 

Est-ce que les Hébreux ont bien lu toutes les clauses, même celles écrites en tout petit ? Ben non. Mais enfin, c’est pas toi, qui a répondu à un hoax de la Caf qui t’aurait versé un trop perçu alors que tu n’as pas d’enfants, qui va la ramener. Pour sceller ce nouveau contrat, Dieu a laissé les Hébreux tomber en esclavage. Oui, alors là, tu es en droit de te dire qu’en matière de cadeau de bienvenue tout moisi, Dieu fait encore pire que le mug Bob l’éponge après le premier plan Shell.

 

Ensuite, tout s’enchaîne (ben attends, la sieste divine a quand même duré plusieurs siècles…), Dieu choisit Moïse pour guider le peuple vers la Terre d’Israël. Tel Dani Lary, il a mis le paquet avec son numéro du buisson ardent qui ne se consume pas, qui aurait fait des ravages dans les casinos de Las Vegas. En se rendant chez Pharaon, Moïse n’en menait pas large, un peu comme moi quand j’ai du apporter en 4ème au prof de maths le mot de ma mère écrit la veille : « La petite n’a pas pu faire ses exercices. Elle m’a aidé à lessiver la cuisine et préparer les brochettes pour les grillades. C’est Pessah. D’ailleurs, si vous êtes seul, venez le deuxième soir. Non, je vous invite pas le premier, mon mari se chauffe. C’est comme une répétition en moins bon ».

 

10 plaies plus tard, les Hébreux sont sur la ligne de départ. En terme de bordel et d’excédents de bagages, on se situe entre le départ Arkia et la caisse de Naouri veille de Roch Hachana. Moïse, qui est un gars sympa mais qui est aussi habile que Woody Allen en animateur de Yaniv, fait tout son possible, mais il rame pas mal. Devant la mer Rouge, il panique comme un candidat de « Qui va gagner des millions ? » qui a grillé tous ses jokers. Quand il redescend du mont Moriah avec les Tables de la loi et constate que le peuple élu se comporte comme une promo étudiante d’école de commerce à une fête du BDE, Moïse, en attendant le retour des explorateurs, prend sa tente et son bétail et appelle Dieu.

 

Dieu : On avait dit que c’était moi qui t’appelais !
Moïse : C’est pour une urgence… heu… voilà… je crois que je vais arrêter. C’est pas un job pour moi.
Dieu : T’es en CDI. Tu peux pas partir comme ça !
Moïse : Allez, s’il te plait. Je te rends ton peuple élu, tu me rends mon chèque de caution.
Dieu : Tu me lâches ? Je vais faire quoi, moi, maintenant ?
Moïse : Tu crois que j’ai pas pigé que ça fait 40 ans qu’on tourne en rond ? Ça fait la 456ème fois qu’on passe par là !
Dieu : Je vais avoir l’air de quoi, moi ?
Moïse : Je te laisse Josué. T’as qu’à leur dire que je ne mérite pas d’entrer dans le pays où coulent le lait et le miel.
Dieu : Ils ne me croiront jamais ! Ils ne sont pas si crédules…
Moïse : Tu paries ?
Dieu : Tu vas me manquer.
Moïse : Toi aussi.

 

Voilà, ça s’est passé comme ça. si si, je te jure ! Toute la scène a été filmée par le cadreur palestinien de Charles Enderlin, c’est pour te dire comme c’est du sérieux.

 

The SefWoman

 

Ma philosophie se situe entre « A Kippour tout le monde pardonne, sauf moi » (Raymond Bettoun) et « Dieu n’existe pas, mais nous sommes son peuple » (Woody Allen)

 

 

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© photos : DR

Article publié le 2 avril 2015. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2015 Jewpop

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