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La pkaïla est-elle soluble dans le mafé
(et vice versa) ?

  • BY Nathalie Smadja
  • LE 01/02/2019
Photoreprésentant un plat de pkaila et de mafé

 

Mariée avec un exotique métis mi-breton / mi-berrichon. Divorcée. En couple avec un Sénégalais, puis séparée alors que notre fils n’avait que quelques mois… L’organisation d’une Bar Mitsva façon « Coco, tu nous as éclatés » ne faisait pas vraiment partie de mes plans. Pourtant… L’enfant grandissant, arrive fatalement un moment où il est en âge de « faire sa Bar Mitsva ».

 

Photo humoristique représentant un lion

Et me voilà, moi la rebelle, l’insoumise, à me lever à 8h le dimanche, non pas pour aller courir sur les quais, mais pour accompagner mon fils au Talmud, à arrêter de manger du saucisson, à me demander quel budget il faut prévoir pour les multiples festivités… Et à me poser des tas de questions : Et si l’enfant ne veut pas y aller ? Et si l’enfant veut et que le père ne veut pas ? Et pour moi, d’ailleurs, quel est le sens de tout cela ?

 

Bon, je vais vous épargner mes réflexions philosophiques et théologiques sur la place de la religion dans ma vie et le sens de la Bar Mitsva dans mon éducation (je pourrais en discuter éventuellement autour d’un pain/boutargue en privé)… Et en venir aux faits. Oui, mon fils voulait faire sa Bar Mitsva et s’est engagé dans un apprentissage express de sa Paracha. Oui, son père a donné son accord. Oui, cela avait du sens pour moi dans l’éducation que je voulais donner à mon fils. Une fois tous ces faits établis, tout va bien, non ?

 

Oui, sauf que nous étions au mois de novembre et que les festivités étaient prévues pour le mois de janvier. On était large. Très large même… Surtout avec les fêtes de Noël et du Nouvel An au milieu. Je n’avais plus qu’à mettre le turbo et hop hop hop ! Dragées, kippas, traiteur, salle de réception, invitations (tata Myriam, on l’invite ou pas ?)… Alors au final, ça donne quoi une Bar Mitsva sénégalo-tunisienne ?  En trois rounds, Sénégal vs Tunisie, le match !

 

Photo représentant une kippa aux couleurs rasta

 

Round 1 : les cérémonies

 

Une BM, ça commence par des cérémonies à la synagogue, et là, on a tiré le gros lot, avec 3 dates : la mise des teffilines (tfilat shaharit), la première montée au Sefer et le shabbat ! Même tata Myriam, qu’on a bien entendu invitée, en restera comme deux ronds de flan : « il va devenir rabbin le petit ou quoi ? »… Non, enfin, je ne crois pas… J’espère qu’on remangera du saucisson un jour, quand même… En attendant, 3 cérémonies, ça fait fortement grimper ma moyenne annuelle de fréquentation des synagogues. Quant au père du hatan, il était là, même à 7h du matin, pour voir son fils devenir Bar Mitsva… Chapeau bas !

Tunisie : 1 – Sénégal : 1

 

Round 2 : le traiteur

 

On prend Lenôtre ou le vôtre ? On avait dit pas de Bar Mitzvah façon « Coco tu nous as éclatés », alors on ne va tout de même pas fêter ça au Pré Catelan et prendre Potel & Chabot comme traiteur… Ce sera dans un restaurant sénégalais, au grand dam de tata Myriam « ah bon, dans un boui boui… et on mange quoi chez eux, c’est casher au moins ? ». Hum… Le Waly Fay, c’est pas vraiment un boui boui, et oui, c’est casher, pas beth din mais casher, parce que dans la cuisine sénégalaise, pas de lait ni de crème fraîche, ça tombe bien ! Et pour ceux qui sont inquiets pour tata Myriam : elle a mangé deux plats de mafé…

Tunisie : 2 – Sénégal : 2

 

Dessin représentant Spider Man sur une chaise faisant sa fête de bar mitsva

 

Round 3 : ambiance

 

Eyal Golan ET Youssou N’dour, Rachid Taha ET Omar Pene. Les tzarlit, ça marche aussi sur Cheikh Lô ! Lorsqu’il s’agit d’ambiance et de danse, tout le monde s’en mêle, tout le monde s’emmêle et Mbalax ou danse orientale, chaises ou pas, tout le monde était debout… Levez les mains, levez les mains !

Tunisie : 3 – Sénégal : 3

 

Alors, au final c’est un match nul ? On dirait, oui, à la grande surprise de tata Myriam qui s’en est étonnée ouvertement : comment, toi, la rebelle, tu as organisé une Bar Mitsva digne de ce nom alors que tu n’as pas fait comme tout le monde ?… Eh bien ça, pour moi, c’est la feuille de menthe sur la pkaïla !  Mabrouk mon fils, hazak ubaruh ! Elle était belle ta Bar Mitsva !

 

Nathalie Smadja

 

Nathalie Smadja est l’auteure de « La place du passager » (Terra Nova), à découvrir dans notre sélection livres Jewpop du mois de décembre 2018

Copyright photos : DR

Article publié le 31 janvier 2019. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2019 Jewpop

 

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