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La SoHo Synagogue : religion, hype et design

 

 

Au coeur du quartier new-yorkais de Soho, l’architecte israélien Dror Benshetrit a conçu en 2011 un projet étonnant pour la SoHo Synagogue, située au 43 Crosby Street. Une communauté foncièrement hype – à l’image de son site – créée par un jeune couple issu du mouvement Loubavitch, le rabbin Dovi Scheiner et son épouse Esty.

 

 

« Nous souhaitons créer un lieu où quelqu’un qui n’aurait jamais mis les pieds dans une synagogue, ou bien quelqu’un qui y serait allé enfant ou ado et en aurait un mauvais souvenir, se sente chez lui » expliquait Esty Scheiner dans une interview au NY Times en 2006.  Cinq années plus tard, cet endroit ouvre ses portes, à l’emplacement d’une ancienne boutique… Gucci, et le couple Scheiner réfléchit aujourd’hui à l’exportation de leur concept, une marque Soho Synagogue, « fusion de pratiques juives traditionnelles et d’un esprit urbain et moderne ». Un concept bobo et élitiste au goût de certains, pour qui le rabbin Scheiner serait avant tout en quête d’une communauté de hipsters, riches et célèbres de préférence. Visite guidée avec Jewpop d’une synagogue trendy, qui compte aujourd’hui plus de 1000 membres.

 

En créant un espace empreint de spiritualité et ouvert à la modernité, juxtaposant esthétique contemporaine, symbolisme et confort, Dror Benshetrit a conçu un modèle de synagogue totalement novateur, alliant jusque dans les moindres détails design et attributs religieux traditionnels, à l’image de l’entrée du lieu. Celle-ci, pensée comme la vitrine d’une galerie d’art ou d’un club de jazz façon Blue Note, présente une façade où transparaissent des bandes verticales, évoquant à la fois les tsitsit d’un talit et un code-barre. En pénétrant dans la synagogue, les fidèles accèdent à une longue pièce de réception, où trône une table-sculpture de l’architecte, face à un mur de briques peintes sur lesquelles sont inscrits les noms des donateurs ayant contribué à la création du lieu. Au plafond, un système d’éclairage en forme de menorah mène, tel un plan de métro, à la salle de prière.

 

 

Une fois traversé ce couloir, le visiteur arrive en haut d’un escalier de structure métal et verre, offrant une vue splendide sur l’espace de prière, aux murs de briques patinées évoquant un temple ancestral. La pièce, ne disposant pas de lumière du jour, est en partie éclairée par une installation d’ampoules rétros de style Edison.

 

 

 

À la place des bancs traditionnels, Dror Benshetrit a réalisé de confortables banquettes très actuelles. Aux murs, des séries de peintures peuvent, au gré des besoins, être décrochées et se métamorphoser en sièges et en tablettes.

 

 

 

L’Arche – Aron Kodesh – conservant les rouleaux de la Torah, entourée de fauteuils bleu paon dessinés par l’architecte, est emblématique du travail de Dror Benshetrit sur la transformation et le mouvement des objets qui nous entourent. Constituée de cercles coulissants, elle présente deux triangles formant une étoile de David à sa fermeture, dont la matière, mélange de taffetas et de métal, a été réalisée par le créateur de mode Yigal Azrouel.

 

 

On n’ose toutefois imaginer à quoi ressemble un office de Kippour à la SoHo Synagogue, avec plus de 1000 membres pour quelques dizaines de places assises seulement… Un physionomiste sélectionne-t-il à l’entrée ?

 

 

 

Alain Granat

Inspiré d’un article publié sur le site designboom

Le site de Dror Benshetrit

Le site de la communauté SoHo Synagogue

© photos : John M. Hall / Paul Clemence / Eilon Paz

Article publié le 10 septembre 2013, tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2013 Jewpop

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