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Le fascinant Mazaltovstudio de
Marie-Andréa Suchorski

Mazaltovstudio chien

« Mazaltovstudio, c’est avant tout un site web mais aussi un studio de création ». C’est ainsi que Marie-Andréa Suchorski, créatrice de l’univers fascinant de Mazaltovstudio, définit son projet.

Après avoir étudié l’art et la photographie à Paris, elle a engagé une partie de son travail artistique vers les questions de genres, de l’identité comme fiction, du féminisme, et du judaïsme dans sa représentation culturelle et religieuse. À travers l’utilisation de masques et de divers artifices, non sans humour, au travers de personnages parfois absurdes ou horrifiques, elle se présente comme « une parmi tant d’autres ». Parallèlement, Marie-Andréa enseigne l’art et la photographie dans le supérieur, et développe de nouveaux projets mêlant la photographie au dessin ou à l’écriture. L’artiste répond aux questions de Jewpop.

 

Mazaltovstudio Golem

 

“J’aime retranscrire dans mes images les créatures surnaturelles inspirées des légendes juives”

Jewpop :  Mazaltovstudio, ta « marque » annonce d’emblée la couleur. Comment définirais-tu ta judéité et son rapport à ton travail ?

Marie-Andréa Suchorski : C’est avant tout une question de transmission, de souvenirs, dont il ne me reste qu’une mémoire orale, les photos, écrits ayant souvent disparu. De ces traditions culturelles, j’aime retranscrire dans mes images les créatures surnaturelles inspirées des légendes juives, l’histoire du golem m’a toujours passionnée et inspirée, quelque chose de magique qui nous ramène du passé à la vie encore et encore, comme une résurrection éternelle. L’esthétisme si particulier des vêtements hassidiques est une autre source d’inspiration, même si mes photos sont parfois moins « modestes »… Pour moi, Pourim c’est toute l’année !

 

Marie-Andréa Suchorski Mazaltovstudio Jewpop

 

“Ma bat mitzva fut un grand chamboulement !”

J. :  Dans ta bio, tu évoques ta bat mitzva à Mombasa au Kenya .Tu peux nous raconter ? Ça ressemblait à cette couverture de livre en version fille, un rite d’initiation judéo-afro ?

M.-A. S. : Cette bat mitzva fut un grand chamboulement, je me retrouve totalement dans la couverture de ce livre ! J’ai rencontré l’ethnie des Kikuyus, assisté aux danses massaï, été électrocutée par une méduse gigantesque et soignée par un étrange breuvage, mangé du barracuda, réussi à ramener à la vie un corail dans le lavabo de ma hutte, sans oublier le tour de dromadaire et la proposition de mariage qui l’accompagne. Un vrai rituel de passage d’un moi à un autre !

Mazaltovstudio bat mitzvah

J. : Tes photos sont très mises en scène. Être modèle et photographe à la fois, c’est complexe ?

M.-A. S. : En effet, réaliser toutes les étapes seules, ça n’est pas toujours évident, cela demande une bonne coordination. D’abord plusieurs heures de préparation pour les croquis, puis courir à gauche à droite pour la recherche de stylisme, d’accessoires et perruques dénichées dans les magasins de farces et attrapes, ou encore les tissus du marché Saint-Pierre… Puis la mise en scène photographique, beaucoup de maquillages, essais de perruques, peaufiner les derniers détails, appuyer sur le déclencheur… Cela reste très artisanal, sans trop d’effets ou de retouches, avec peu de moyens et souvent peu d’espaces, il en découle des idées, des concepts. C’est ma manière de travailler.

Mazaltovstudio perruque

 

Mazaltovstudio Hai

 

“Quand je me masque, tout est permis”

J. : Il y a beaucoup d’humour, de poésie et aussi de sensualité dans tes photos. Tu te dévoiles parfois, au sens premier du terme. Désir d’exhibition, ou bien le nu est un sujet, parmi d’autres, qui t’importe ?

M.-A. S. : J’aime aborder la question du corps en art, et pas toujours sous son plus bel angle, la fascination de la déchéance, ou encore le morcellement du corps m’inspire. Mes images ne sont pas des explorations de moi-même mais peuvent représenter n’importe quelle femme anonyme, telles qu’elles sont dévoilées dans la mode ou la publicité ; la photographie est le moyen le plus prolifique pour construire et multiplier toutes ces formes d’auto-fictions. N’oublions pas que porter une perruque chez les hassidiques, permet de ne pas compromettre son intimité, je suis donc à l’abri, même si quand je me masque tout est permis…

Mazaltovstudio

 

J. : Le Yorkshire, c’est le chien idéal pour les princesses ashkénazes ?

M.-A. S. : Cette passion des chiens miniatures n’est pas nouvelle chez les princesses ashkénazes : au début du 20ème siècle, la poétesse Gertrude Stein était toujours accompagnée de ses chiens Pépé et Basket ! Dans la tradition juive, le chien est parfois associé à la magie, et possède des pouvoirs guérisseurs grâce à ses poils. Mais ça ne se limite pas qu’aux york’, je suis même passée au modèle plus petit : le chihuahua, comme Jane Mansfield !

Entretien réalisé par Alain Granat pour Jewpop
Le site Mazaltovstudio

Le shop Mazaltovstudio

Le compte Instagram de Marie-Andréa Suchorski

 

© images : Marie-Andréa Suchorski

Article publié le 15 mai 2018. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2018 Jewpop

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