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Les 6 scènes cultes de Roger Hanin

 

 

Apprendre la mort hier de Roger m’a foutu un coup au moral. En un quart de seconde, j’ai vu toute mon adolescence défiler. Je me revois, assise à même le tapis du salon, le dos calé sur un coussin (en dépit des remontrances de ma mère « ma cousine Dolly, elle s’asseyait sur un coussin, elle s’est jamais mariée. Je t’aurais prévenue ») soupirer devant Navarro.  Ma mère nous intimant d’ordre de nous taire à chaque fois qu’il décrochait son téléphone, c’est-à-dire environ 34 fois par épisode. Oui, aujourd’hui quand tu regardes Navarro, t’as l’impression de mater une pub pour un call center de voyance basé à Ashdod. Il va nous rester quoi de toi, Roger, quand Alexandre Arcady, Enrico Macias, Serge Moati et Jack Lang iront louer le talent d’un autre disparu. Ben tes films, tous tes films avec une préférence pour ces scènes-là.

 


« Quelques olives, un petit bout de pain et on remercie Dieu »

 

 

En une scène, le culot et la mauvaise foi séfarade dans toute sa splendeur. Minimiser avec aplomb, bonne technique à utiliser quand l’économat de l’école s’étonne de ta demande de bourse alors que dans le même temps, ton fils poste sur Facebook vos dernières vacances à Eilat.

 

« Et le canonnier de Tadjira ? »

 

 

« Le Coup de sirocco » est au séfarade ce que «Shoah» de Lanzmann est à l’ashkénaze, mais en plus drôle quand même. « On est parti une main devant, une main derrière !!!! »

 

« Oh la putain de sa mère »

 

 

L’insulte qui va bien, la concordance des temps aux abonnés absents, et Depardieu en prime. Culte.

 

« Monsieur Simonin est inspecteur principal »

 

 

Faire jouer à notre Roger national un boucher-charcutier faisant du marché noir sous l’Occupation, c’était aussi couillu que de commander chez Guichi une entrecôte avec une sauce au beurre  blanc.

 



« Give me three days »

 

 

Bon, à Paris, Maurice Bettoun c’était déjà limite, mais à Miami, Mauricio Betown c’est carrément l’hallu. La bande annonce  du « Grand pardon II » en anglais, c’est aussi indigeste que de mater « Mission impossible » en portugais. Mais bon, en attendant de voir Tom Cruise s’enfiler des croquettes de morue, on peut  l’entendre dire “Give me three days”.

 

« J’ai raison ou j’ai pas raison ? Dis-le que j’ai raison ! »



 


Roger Hanin dans « La Baraka » (1982) par LePoint

 



Scène culte de « La Baraka », avec la phrase favorite de ma mère, celle que j’ai le plus entendue dans toute ma vie, qui symbolise à la fois son agacement et sa manie de faire les questions et les réponses : «Comment je te supporte ? Je ne sais pas !»

 

Alors voilà, je sais ce que vous allez me dire, il y en avait plein d’autres. Et ouais je sais. C’est une sélection, par définition c’est subjectif. Soyez gentils de respecter mes choix. Chacun gardera de Roger Hanin le souvenir qu’il a choisi. Et pour qu’on arrête de l’emmerder, il a décidé  de se faire enterrer en Algérie. Alors oui, je sais, à l’heure où la plupart des gens cassent leurs PEL pour aller se faire enterrer en Israël, se faire inhumer dans un pays arabe, c’est aussi incongru que confier à Arthur un Prime sur Arte. Mais soyez gentils de respecter son choix.

 

The SefWoman

 

Ma philosophie se situe entre « A Kippour tout le monde pardonne, sauf moi » (Raymond Bettoun) et « Dieu n’existe pas, mais nous sommes son peuple » (Woody Allen)

 

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© photos : DR

Article publié le 12 février 2015. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2015 Jewpop

 

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