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L’Homme qui valait 20 milliards

« The Social Network », film de David Fincher qui raconte la naissance épique du réseau social Facebook, risque fort de truster la 1ère place du box-office français, comme il l’a fait aux Etats-Unis lors de sa sortie. Un succès amplement mérité pour ce long-métrage passionnant, qui tient le spectateur en haleine pendant 2 heures alors que la quasi-totalité de l’action est basée sur des… dialogues !

Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, y est incarné par un génial Jesse Eisenberg (« Les Berkman se séparent », « Adventureland », et que l’on verra bientôt en juif orthodoxe de Brooklyn trafiquant de drogues dans « Holy Rollers ») au visage d’adolescent à la fois poupin et d’une rudesse terrible. Réjouissant dans son rôle de nerd, étudiant génial de Harvard, asocial, frustré et profondément antipathique, qui après une rupture amoureuse, décide de pirater le réseau informatique de sa faculté pour créer un site de notations d’étudiantes, à partir d’un algorithme créé par son meilleur ami, Eduardo Saverin (interprété par Andrew Garfield).

Zuckerberg créera dans la foulée le fameux réseau social initialement baptisé « The Facebook », en s’inspirant (selon la thèse du film, basée sur le livre controversé de Ben Mezrich, « La Revanche d’un solitaire », qui reprend les témoignages des « cocus » de l »histoire) d’un site que lui proposent de développer deux frères jumeaux étudiants d’Harvard, les Winkelvoss, archétypes des wasp blonds, sportifs et richissimes (joués avec délectation par le même acteur, Armie Hammer).

Formidable manipulateur, Eisenberg/Zuckerberg devient au fil de l’histoire un monstre de mégalomanie à l’insolence hilarante, écrasant au passage tous ceux qui pourraient gêner son ascension, comme il le fait avec Sean Parker, le créateur du site de peer-to-peer musical Napster (incarné par un excellent Justin Timberlake), dont il se débarrasse après que ce dernier lui ait ouvert les portes d’investisseurs californiens.

Ne vous attendez pas à voir un film sur Facebook, qui n’est finalement que le prétexte, l’élément à suspense du film, mais une histoire sur les jeux de pouvoir et les codes, non pas informatiques, mais sociaux, qui régissent les campus américains huppés où l’on rêve d’être accepté dans les clubs étudiants les plus fermés, lorsque l’on est d’origine juive ou latino. « The Social Network » est aussi un extraordinaire portrait d’antihéros, un « sans-amis » comme disent les collégiens, qui devient le plus jeune milliardaire au monde en créant un nouveau mode de relation sociale, consistant à scotcher les gens à leur écran d’ordinateur…

Si le montage percutant des scènes réalisées par David Fincher (metteur en scène de « L’Etrange histoire de Benjamin Button ») donne au film un rythme parfait, la construction remarquable du scénario et les dialogues brillants écrits par Aaron Sorkin, créateur de la série « A La Maison Blanche », sont pour beaucoup dans la réussite du film. Ajoutez-y une excellente bande originale, signée Trent Reznor (Nine Inch Nails), un casting impeccable, et tous les ingrédients sont réunis pour faire de « The Social Network » le film à ne pas manquer !

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