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Tes 3 alliés pour surmonter Pessah

 

 

Pour certains (dont moi), Pessah ressemble à une guerre fratricide contre la famille, les traditions et des coutumes alimentaires qui donneraient envie de devenir adepte du Freeganisme. Le tout va durer deux jours de plus que la guerre de 1967 et contrairement à Tsahal, toi, tu vas avoir besoin d’alliés. En voici trois.

 

 

 

Une Haggadah illustrée : oui je sais ce que tu te dis, une Haggadah ? Mais SefWoman a fait Téchouva ou quoi ? Je te rassure – ou pas – non, c’est juste que si tu es équipé, tu auras un minimum de visibilité sur deux paramètres qui te permettront de déterminer à la louche la fin de cette soirée : l’heure du dîner et le nombre de verres de vin qu’il te reste à t’envoyer avant de tituber jusqu’à ta voiture. Le maître de maison te répétera : «il faut se rendre compte combien les Hébreux ont souffert en Egypte», et toi tu te retiendras de lui répondre : «ouais, un peu comme nous avec cette prière qui n’en finit pas. Ton sens de l’hospitalité, tu l’a piqué à Pharaon ou quoi ?». Illustrée, la Haggadah c’est mieux. Et même si tu les connais par cœur, c’est super de revoir les images de ce bon vieux Moïse avec son bâton, les mains levées vers le ciel, le buisson ardent, sans oublier les 10 plaies. Prendre l’ouvrage de préférence de grande taille, histoire de pouvoir y glisser le dernier Voici qui raconte par le menu la séparation d’Alexandra Lamy et Jean Dujardin, ou encore ton smartphone afin de suivre sur Twitter l’épisode de Top Chef du jour. Pendant que les candidats tenteront de revisiter la pizza avec une carotte et deux betteraves, la maîtresse de maison, elle, t’expliquera sa recette des Hahosset.

 

 

 

Des anti-diarrhéiques : inutile donc de tourner autour du pot ou de la cuvette des toilettes, 24 heures de Matsa et ton estomac danse la carioca. Chaque année c’est la même histoire, tu te jures de ne plus y toucher. Tu as même tenu un an et sans rechute s’il vous plaît, de quoi rendre dingue de jalousie Lindsay Lohan, qui retourne pour la 8ème fois en 4 mois en cure de rehab. Fine, ronde, chmoura, peu importe, la Matsa est un peu à ton estomac ce que Mélenchon est à la majorité présidentielle. Sur le papier, ça pourrait le faire, mais la faute à la première, agressive, ça ne colle pas. La faute aussi à la bouffe de ta mère, qui s’obstine, année après année, à remplacer les ingrédients Hametz de toutes ses meilleures recettes par de la fécule de pomme de terre ou de la farine de Matsa. Elle te soutient que «c’est pareil», toi, devant l’assiette qu’elle place devant toi, tu trouves ça aussi authentique et appétissant qu’un numéro de transformiste chez Michou. Résultat, tu te retrouves à la pharmacie a expliquer «vous savez, le médicament… dans la pub, y a une fille qui se tord le ventre et elle va se cacher derrière un buisson».

 

 

 

Une Kalach’ : vers 23h46, quand le mec relou  – le même qui pendant le repas t’a expliqué pendant 45 minutes comment nettoyer ton smartphone de tout le hametz coincé entre les touches –  s’offusquera  de ta sortie : «y a encore un chant, allez encore un petit effort, faut faire les choses bien !», tu la dégaines. Faut dire que Had Gadya, le chant  avec l’agneau, mangé par le chat, lui-même étranglé par un chien, tapé un peu plus tard par un bâton, à mi-chemin entre «Dragosta din tei» et la musique d’attente de Pôle Emploi, peut rendre dingue n’importe quelle personne saine de corps et d’esprit. Ton arme dans la main droite, ton sac à la saignée du coude gauche, tu te dirigeras gentiment vers la sortie. Pour plus de sécurité, tu pourras prendre en otage le petit dernier. A sa mère qui hurlera «mon fils est innocent, épargne-le !», tu répondras «quand on chante aussi mal Ma Nichtana, on se présente à l’Eurovision ou on s’abstient !». A l’attention du fouteur de merde qui commencera à entonner son fameux chant, tu préciseras, Haggadah à la main (tu lâches le sac, pas l’arme), «y a écrit FIN, là, ducon, c’est clair. A la fin du film, tu regardes pas le générique jusqu’au nom de la 3ème assistante de la costumière et les remerciements au Conseil général des Yvelines, et ben là c’est pareil». Bien que l’usage de l’arme à feu soit proscrit les jours de fêtes, Charlton Heston – alias Moïse dans nos mémoire collectives et individuelles – chantre de la National Rifle Association (NRA) aux Etats-Unis, te pardonnera. Amen.

 

Hag Sameah !

 

The SefWoman

Ma philosophie se situe entre « A Kippour tout le monde pardonne, sauf moi » (Raymond Bettoun) et « Dieu n’existe pas, mais nous sommes son peuple » (Woody Allen)

 

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Article publié le 24 mars 2013. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2015 Jewpop

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