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Un Disney presque pas refait

 

Mickey Mouse. A une lettre près, c’était Mickey Moïse. Coïncidence ? Je ne pense pas.  Dimanche, je me suis rendue pour la première fois, avec mes parents et l’un de mes frères, – tous d’obédience juive séfarade, s’entend, – à Disneyland Paris. L’occasion de découvrir que la prégnance de la culture juive séfarade est telle qu’elle modifie la vision des choses encore plus efficacement qu’une grille de burka. Voyez Pluto.

 

1- Ignorants et naïfs que nous sommes, la première attraction que nous avons faite était Crush’s Coaster, une attraction inspirée du Monde de Nemo, dans laquelle, assis dans un wagon en forme de carapace de tortu(r)e, dans le noir, nous sommes trimballés, secoués, le long d’un circuit, avec des piqués en chutes libres verticalement vertigineuses, des demi-tours, etc, véritable voyage sur les rives du malaise vagal. Les nombreux panneaux d’avertissements sur le haut degré de sensations procurées par ce manège n’y ont rien fait. C’est une mezouza à l’entrée et un stand tefilines-taleth-Shema-Israël en embuscade qu’il nous aurait fallu pour nous faire prendre conscience que cette attraction n’était pas faite pour nos organes, nous qui avons plus confiance en Dieu qu’en des poissons panneaux.

 

2- Forts de cette expérience, nous avons privilégié le petit train à sensations soft en forme de Zig Zag, le chien à ressorts de Toy Story, et avons soigneusement évité l’attraction mettant en scène un bolide Hot Wheel à grande échelle lancé à toute vitesse sur une rampe en demi-cercle, et d’où tout le monde sortait le visage radieux, quand nous, nous interrogions sur la présence ou non de sacs à vomi. Une attraction Goy Story, en fait.

 

 

3- Quant à l’attraction Ratatouille, nous l’avons naturellement, d’emblée, rebaptisée l’attraction Tchouktchouka. Outre la longue queue pour rentrer qui aurait mérité d’être circoncise, nous avons retrouvé l’ambiance de nos cuisines des jeudis soirs quand nous préparons Shabbat. Une grande réussite. Ratatouille, l’attraction où la bête dîne.

 

 

4- Incontournable pour qui ne peut s’empêcher de fredonner «Libérés, délivrés» à la table du seder de Pessah pour célébrer la sortie d’Egypte, nous avons bien sûr assisté avec un enthousiasme délirant et un déploiement sans complexe de cordes vocales, à la parade en calèche, puis au spectacle musical de La Reine des Neiges. À 16h40 en version française, à 17h30 en version anglaise, le reste du temps en version constantinoise.

 

 

5- Et puis, d’autres détails de-ci de-là, au gré de notre exploration du parc. La tanière du dragon et l’escalier du château de la Belle au bois dormant plongés dans le noir ? Ah ben, ça les entraîne pour Shabbat. L’envie d’acheter plein de choses dans les boutiques ? Calme-toi, pense au nettoyage de Pessah. La poussière au-dessus du boustrophédon de Ratatouille ? Calme-toi, ne pense pas au nettoyage de Pessah. Tigrou et Buzz l’éclair en personnes, disponibles pour faire des photos ? Rien à battre, c’est pas Baba Salé. Les chips et chocolats appétissants hors de prix vendus sur place ? Une chance que ce ne soit pas casher. Stitch, les sourcils en accent circonflexe et se disant tout penaud ? Manifestement, Stitch c’est ashkénaze. Les tasses d’Alice au pays des merveilles ? Ça manque de makroud sur la soucoupe pour le dessert. Les kilomètres marchés à travers les deux parcs ? Une reconstitution des 40 années marchées dans le désert.

Bref, notre visite de Disneyland à travers le prisme judéo-séfarade était à dessein, animée.

 

Ingrid Zerbib

 

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© visuels, photos : Ingrid Zerbib, Disney DR

Article publié le 2 septembre 2015. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2016 Jewpop

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