I have a dream

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Le 28 août 1963, Martin Luther King lançait son fameux plaidoyer «I have a dream». Cinquante ans plus tard (oui je suis en avance de 3 mois, mais en plein mois d’août, j’aurai autre chose à faire que de tenter de te faire marrer), j’ai décidé moi aussi de faire un rêve. Et comme ça ne coûte rien de rêver, j’ai décidé d’en faire plusieurs, si Dieu existe, il va bien en exaucer un…

 

Je rêve qu’un jour Charles Enderlin fasse la paix avec Philippe Karsenty : oui, j’en suis certaine, un jour, ils se serreront la main sur le mode «sans rancune, vieux frère». Entre eux deux, façon accord de paix de 1993, dans le rôle de Bill Clinton et son sourire ultrabright, on aurait le petit Mohammed Al Dura, qui a bien grandi puisqu’il est aujourd’hui mannequin vedette chez The Kooples, «en couple depuis 2 ans et demi» avec Haya Mouchka. Vu comme c’est parti, j’ai plus de chance de voir la reconnaissance du mariage des prêtres et l’entrée de l’Autorité palestinienne au Conseil de sécurité de l’ONU. Première instance, appel, cassation : le procès qui oppose le journaliste à notre Daniel Schneidermann à nous en plus hargneux (si si, c’est possible) va tellement loin que bientôt, je vois bien un juge de la Cour européenne des droits de l’homme rendre une décision du style «je ne suis pas compétent, il faut s’en référer directement au… Pape François ou à Dieu ».

 

Je rêve qu’un jour le président des Juifs gays soient élu président du Crif : pour le moment c’est mal barré, Beit Haverim, l’association en question, n’est même pas membre du Crif. À chaque fois qu’ils mettent le sujet sur le tapis, les élus du Conseil représentatif des institutions juives de France regardent leurs chaussures, aussi gênés que si on leur avait lancé à la cantonade «On fait birkat et on partouze après, ou le contraire». Si un jour ça arrive, je vous fous mon billet que le fameux dîner aura une autre gueule. Présenté par Marc-Olivier Fogiel et Stéphane Bern, avec David Guetta aux platines, ce sera déjà moins chiant que le discours du Président de la République aussi long que celui du rabbin le samedi à la synagogue, sauf que lui, il le fait lire à personne. Il aurait du mal quand il monte à la Téba pour prendre la parole, il ne sait absolument pas ce qu’il va dire.

 

Je rêve qu’un jour Mémé Jeanine remporte «Un dîner presque parfait» avec un tagine Gnaouïa : ça fera la nique au carpaccio de Saint-Jacques et autre magret de canard au sang. Imagine Jeanine Aouizerate, 72 ans, première concurrente d’une semaine à Créteil. L’apéro : «y a pas. Si vous vous bourrez de cacahuètes vous mangerez pas après !». L’entrée : «poisson Rhaïmi, tu connais une autre entrée avec Gnaouïa ?». Le plat : «chez mémé, on mange tout ! Tu finis sinon tu sors pas de table, oui, oui, même Christophe, 34 ans, chef de projet informatique». Animation : «le premier qui arrive à se lever sans se tenir le ventre pour gagner le canapé, il a le droit de pas débarrasser la table». Youhou ! Et ça, c’est juste chez elle. Chez les autres, ce sera à coup de «Baba, avec mes dents, j’peux pas manger ça, fais-moi juste une brique au thon ça ira très bien !». Avec la production, elle s’engueulera : «je ne prendrai pas de taxi, y a mon fils qui vient me chercher. Il est pas loin, il habite Montmorency. Ça le dérange pas».

 

Je rêve qu’un jour les qataris du PSG recrutent le joueur israélien Eden Ben Basat. Que suite à une pétition des joueurs du club de la capitale emmenés par Zlatan, converti entre temps au judaïsme, les matchs n’aient plus lieu le vendredi soir. En plus, nous, en organisation de grosses fêtes au Trocadéro avec tous les concerts pour Israël, les célébrations de Lag Baomer et autres allumages publics de Hannoucah, on en connait un rayon. Et puis tant qu’on y est, et même si ça n’a rien à voir, je rêve qu’un jour chaque tentative d’approche des Habads aux abords de la rue des Rosiers soit punie par la loi et reconnue comme une atteinte flagrante à l’intégrité physique. La distribution de la Sidra de la semaine étant considérée comme du harcèlement moral. Et que si le mec essaie de te foutre les tefilins de force à moins de 16 ans, ça aggrave le cas de son proxénète bien au chaud dans sa synagogue.

 

Et puisqu’on est dans le rêve, l’utopie, la fiction. Soyons fous, je rêve qu’un jour mes petits-enfants vivent encore en France : qu’ils aillent dans des synagogues qui ne ressemblent pas à des succursales d’une compagnie de CRS, que le mec qui fait la sécurité devant les écoles juives soit juste là pour noter les retards. Je rêve qu’un jour, en 2042, à l’issue de la commémoration du 30ème anniversaire du massacre devant l’école juive de Toulouse, le Président de la République  nouvellement élu, qui aurait fait ses débuts comme auteur dans «Touche pas à mon poste» avant d’entrer à l’ENA, se féliciterait de la disparition quasi-totale du Front National. Crédité de 0,3% des intentions de vote, le parti d’extrême-droite n’aurait pas survécu à une double crise : l’incapacité physique de sa présidente suite à un banal accident domestique dans une piscine, et la reprise en main du parti par un certain Jean-François C. Très à l’aise dans des piscines douteuses et nageant très bien en eaux troubles, l’ancien maire de Meaux aurait définitivement fait péricliter le parti en proposant des… primaires internes.

Dieu, si tu m’entends c’est au choix…
 
The SefWoman
Ma philosophie se situe entre « A Kippour tout le monde pardonne, sauf moi » (Raymond Bettoun) et « Dieu n’existe pas, mais nous sommes son peuple » (Woody Allen)
 

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