Pierre Mendès France Beyrouth 1939 Jewpop

Bercés par Pierre Mendès France

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C’est sur son compte Twitter que Tristan Mendès France, petit-fils de Pierre Mendès France, a publié un document sonore bouleversant, retrouvé dans les archives familiales. Il nous raconte l’histoire de ce disque de berceuse enregistré en 1939, alors que la « drôle de guerre » vient de débuter et que le député est mobilisé comme lieutenant dans les forces aériennes françaises au Levant, s’entraînant plusieurs mois à Beyrouth pour devenir observateur aérien. 
 

Carnet militaire Pierre Mendès France Beyrouth 1039 Jewpop

 
En octobre 1939, Pierre Mendès France a 32 ans et est père de deux garçons, Michel (père de Tristan Mendès France) et Bernard, âgés respectivement de 5 et 3 ans à l’époque. Il a été le plus jeune avocat de France (à 19 ans), plus jeune député (à 25 ans) et plus jeune ministre (à 31 ans) comme secrétaire d’État aux finances de Léon Blum sous le Front populaire. Comme le rapporte son petit-fils sur Twitter, « PMF » avait l’habitude de chanter tous les soirs des berceuses à ses enfants, ce qu’il ne pouvait plus faire depuis son départ à Beyrouth. « Sachant qu’il risquait de ne plus les revoir avant longtemps, il eut l’idée de faire presser à Beyrouth un disque avec sa voix. Et de le faire parvenir à ses fistons. » explique Tristan Mendès France sur son compte Twitter.
 

Michel et Bernard Mendès France Jewpop

Michel et Bernard Mendès France, début 1940

 
C’est ce document sonore extraordinaire qu’il nous offre, où Pierre Mendès France chantonne la célèbre comptine Cadet Rousselle en adaptant les paroles pour ses enfants. Tristan Mendès France ajoute, à juste titre, « je crois pouvoir dire que vous allez entendre PMF comme vous ne l’avez jamais entendu. »

Quand la débâcle poussera le gouvernement français à se réfugier à Bordeaux, Pierre Mendès France décide, avec trente et un parlementaires, d’embarquer à bord du navire Massilia pour continuer le combat en Afrique du Nord. Son nom se retrouve sur une liste de « déserteurs » et il est arrêté au Maroc le 31 août 1940 en compagnie de trois autres officiers. Rapatrié à Marseille en même temps que Jean Zay, il est jugé le par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand et condamné à six ans de prison et à la destitution pendant dix ans. « Rien ne me fera renoncer au serment, que je répète ici, de léguer plus tard sans tache à mes enfants un nom que mes ancêtres m’ont transmis sans souillure et que je n’ai personnellement pas sali », écrira-t-il au maréchal Pétain avant de s’évader le 21 juin 1941  en sciant un barreau de la lucarne de sa cellule, pour rejoindre Londres et le général de Gaulle. Souhaitant combattre, il rejoindra une escadrille du groupe Lorraine où promu capitaine, il participera avec Romain Gary et Jean d’Astier de La Vigerie à des missions de reconnaissance et de bombardements de 1942 à 1943 au-dessus de l’Europe. De Gaulle le nommera commissaire aux finances du Comité de libération nationale à Alger, puis il représentera la France à la conférence de Bretton Woods avant de devenir ministre de l’Économie nationale du gouvernement provisoire de la République française en .
 
Jewpop
 
© photos :  collection privée Tristan Mendès France /DR
Article publié le 8 novembre 2018. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2018 Jewpop

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