Les Hommes libres

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Un film utile, mais raté, voilà le sentiment souvent partagé par la presse, à propos du long-métrage d’Ismael Ferroukhi, Les Hommes libres. Ainsi, Clément Graminiès, de l’excellent site Critikat, note que « les bonnes intentions ne font pas forcément les bons films », ajoutant que « la faiblesse du scénario et la mollesse de la mise en scène sabrent l’ambition humaniste du projet. Dommage pour Tahar Rahim qui offre ici une composition subtile, toute en retenue. C’est dire si le film ne le mérite pas. »

L’histoire méconnue du rôle joué par les Algériens des Francs-tireurs partisans (FTP) ayant porté assistance à des familles juives, en les hébergeant dans la mosquée et en leur fournissant de faux papiers, n’avait fait jusqu’ici que l’objet d’un documentaire intitulé La Mosquée de Paris, une résistance oubliée, réalisé par Derri Berkani pour l’émission « Racines » de FR3  en 1991. On y apprenait notamment que, dans un tract en kabyle intitulé « Comme tous nos enfants », ces FTP écrivaient à la suite de la rafle du Vel d’Hiv : « Hier, à l’aube, les juifs de Paris ont été arrêtés, les vieillards, les femmes comme les enfants, en exil comme nous, ouvriers comme nous, ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. Si quelqu’un d’entre vous rencontre un de ces enfants, il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe. »
 

 
Les Hommes libres s’attache à retracer l’histoire de ces Justes, parmi lesquels le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Si Kaddour Ben Ghabrit, incarné par l’immense Michael Lonsdale. Celle, aussi, du célèbre chanteur et oudiste Salim Halali, juif algérien sauvé par le recteur, qui lui procura une fausse attestation de musulman et fit graver le nom de son défunt père sur une tombe anonyme du cimetière musulman de Bobigny. On peut retrouver l’histoire de Salim Halali dans un passionnant article qui lui est consacré  sur le site bortch.
 

 
Les amateurs de musique arabo-andalouse retrouveront avec plaisir la voix de Pinhas Cohen, qui prête sa voix à Mahmud Shalaby, l’acteur qui incarne Salim Halali, et une excellente bo signée Armand Amar. Quant à Michael Lonsdale, il ne lui reste plus, après avoir incarné un moine dans Des Hommes et des dieux et aujourd’hui le recteur de la Grande Mosquée de Paris, qu’à endosser le costume de rabbin dans un prochain film.
Alain Granat
 

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