Photo représentant Mike Brant allongé

C’est la faute à Mike Brant !

7 minutes de lecture

 

En plein dîner de Noël, excusez-moi, heuuu… Il y a quelques semaines, lors d’un dîner de famille, Tata Yolande s’est mise à siffloter « Laisse-moi t’aimer » de Mike Brant.

 

«Tu sais que c’est sur cette chanson que ton oncle m’a embrassé pour la première fois ? »

 

Photo représentant Mike Brant avec un nounours

 
« Ah classe, tonton, c’était un romantique hein ! ». J’essaye de les imaginer tous les deux, dans un bal d’après-midi en banlieue parisienne, grand soleil, tout ça en noir et blanc.
Mamie Suzette : «Oui oui, schket. Tout ça, c’est la faute à Mike Brant !».
Oui, Tata Yoyo a divorcé. À 65 ans. Du coup, Mamie Suzette a du mal à digérer la dinde du dîner de famille. Pour ma génération, rien de grave dans un divorce. Pour les anciens, c’est source de conflits internationaux. Depuis le divorce, Mamie Suzette, elle ne veut plus entendre parler de Tonton Jacky, ni de Mike Brant.
«Mais Mamie, quel rapport Mike Brant ?» (tournure de phrase typique des petites cousines tunisiennes qui n’ont jamais vécu en Tunisie mais qui en ont le langage).
«Si Mike Brant n’avait pas été là, ma fille elle se serait pas laissée draguer par ce salaud de Jacky !».
«Mamie, c’est abusé de dire ça, franchement. Je serai pas là, moi, si il ne l’avait pas dragué».
Ouais, dans ma famille, y’a des écarts de génération chelous. En gros, ma tante, c’est la grand-mère de la p’tite tunisienne qui est en train de s’embrouiller, mais moi aussi je l’appelle Mamie. Bref.
«Je te dis que tout est de la faute à Mike Brant, tu entends ? Déjà, si il n’était pas mort, ça aurait changé les choses, tu crois que les français ils détesteraient autant Israël si Mike Brant était encore là ?».
 

Photo représentant Mike Brant prenant un café avec des soldats israéliens

 
 
BAM ! Putain, ça claque dans l’air cette réflexion. Le mauvais vin casher (pléonasme) acheté par Tata m’aide à partir dans mes pensées sur la réflexion de Mamie. C’est vrai ça, les français adoraient Mike Brant putain ! S’il n’était pas mort, il serait aujourd’hui encore aimé comme Johnny. On aurait des reportages de 50minInside sur lui, sa relation avec ses fans, et sa nouvelle femme de 20 ans de moins que lui. Tata nous enverrait des textos : «Mike chez Drucker sur France 2 !» pour nous informer de la présence de Mike Brant dans Vivement Dimanche. Mike nous y ferait découvrir ses petits enfants élevés en Israël. Les français le verraient jouer avec son chien sur la Tayelet avant de rentrer dans sa villa de Herzliya.
 

Photo représentant Mike Brant devant un paquebot

 
Il y aurait des Croisières Costa Brava «Une semaine avec Mike», avec visite du village de son enfance pas loin de Netanya, de son premier appartement d’étudiant à Tel-Aviv, de son restaurant préféré à Beer Sheva. Et 3 concerts de folie, avec Rika Zaraï en warm up et repas casher Beth Din. Dans cette croisière, tous les repas auraient été préparés selon les recettes de la mère de Mike. Mme Michu aurait mangé une dafina sur la méditerranée avec d’autres fans hystériques. Mike putain ! T’aurais été à Israël ce que Céline Dion est au Québec !
 
T’aurais fini ta carrière en tant que conseiller de l’ambassadeur d’Israël en France. Le président de la République aurait chanté avec toi «Qui saura». Les journalistes en auraient débattu en titrant «Le gouvernement ne sait pas où il va», «Un gouvernement sans ligne directrice», «Qui saura… de quoi l’avenir de la France est fait ?». Mais il t’aurait pardonné de l’avoir mis dans la merde.
 
T’aurais été tellement sympa, souriant, avec quand même ce petit côté froid et charmant des Israéliens. Mike ! Les enfants de 20 ans connaîtraient par cœur tes chansons que leurs grand-mères seraient encore en train d’écouter. Israël, ce serait Mike Brant, et Mike Brant, ce serait Israël. Les journaux auraient raconté la vie difficile en temps de guerre en Israël en te suivant pendant 24h. On aurait conté la vie de tes enfants partis à l’armée. Toi, la star française dont les enfants auraient défendu Israël. La population française aurait alors eu un regard différent sur Israël, sur sa population, sur son armée, sur le conflit.
 
Mais Mike n’est plus là et Tata Yolande s’est faite larguer. Putain de balcon.
 
Nathanaël Rouas

 
© photos : DR

Article publié le 27 décembre 2013. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2019 Jewpop
 
 
 

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