Jean-Luc-Moulinchon

Gilles Lellouche et les petits gestapistes aux étoiles

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À Cannes cette semaine, nous avons assisté à un moment emblématique de notre époque : lors de la conférence de presse du film « Moulin », un militant du média « décolonial » Parole d’honneur pose à Gilles Lellouche, acteur principal du film, une question tellement orientée que même un GPS Waze aurait dit : « Recalcul de l’itinéraire idéologique. »

La scène est stupéfiante.
Face aux journalistes et aux caméras, l’équipe du film « Moulin ». Gilles Lellouche, le réalisateur László Nemes – pas exactement des influenceurs fachosphère – et là, bim : un jeune homme accrédité « journaliste », allez savoir comment ni pourquoi… (précisons pour tous ceux qui découvriraient Parole d’honneur que la ligne éditoriale de ce média, issu du Parti des indigènes de la République et très proche de LFI, flirte allègrement avec l’antisémitisme) pose donc sa question avec cette intonation si particulière des médias militants : celle qui commence comme une interview… et finit comme une AG à Tolbiac.

Il faut déjà admirer la stratégie en mode Panzer de ce militant décolonial.

« Je suis Yannick, du média Parole d’honneur (« Bonjour Yannick, bienvenue dans notre groupe de parole  » aurait-on eu envie d’ajouter). L’année prochaine se dérouleront les élections présidentielles (sic) en France », entame-t’il, poursuivant : « Le Rassemblement national, fondé par certains des collaborateurs de Klaus Barbie, a une chance d’arriver au pouvoir. Pensez-vous qu’il est aujourd’hui primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de combattre résolument le Rassemblement national ? Pensez-vous également que la France insoumise, majoritaire à gauche, est aujourd’hui le meilleur rempart à l’extrême droite, son programme étant aussi inspiré du programme du Conseil national de la résistance ? (sic) ».


Ce n’est plus une question. C’est un LFI Uber Alles Eats. Le menu est déjà choisi, il faut juste signer le reçu et faire le salut.

Le bonhomme ne venait pas chercher une réponse. Il venait chercher son futur shitstorm sur les réseaux. Son rêve humide : un acteur célèbre qui refuse de dire “RN = Gestapo, LFI = Résistance”.

Et derrière : “🔥 GILLES LELLOUCHE COMPLICE DU RN À CANNES 🔥”.

Sauf que pas de bol : les acteurs refusent de jouer dans sa pièce mélenchoniste.

Qu’espérait cet énergumène sinon la réponse lapidaire et consternée de l’acteur face à une « question » qui puait le piège à quinze kilomètres. Même Klaus Barbie aurait dit : « Das ist eine peu grossier quand même ! ». Et l’équipe du film comprend immédiatement qu’elle n’est plus dans une conférence de presse, mais dans Koh-Lanta édition LFI : “Qui va faire la comparaison historique de trop ?”

Et ce qui est fou, c’est le casting de cette histoire.
László Nemes a réalisé Le Fils de Saul, un des films les plus puissants sur la Shoah de ces vingt dernières années.

Gilles Lellouche, a été l’un des premiers acteurs français à se mobiliser face à la montée du Rassemblement national.

Les deux sont juifs, un détail de l’histoire.

En face, les petits chiens de garde LFIstes en mode gestapistes aux étoiles, aboient sur les réseaux sociaux. Le “Qui ne dit mot consent” d’antan devient dans leur gueule “Qui refuse ma grille de lecture est probablement nazi.” (et « génocidaire » en prime, suivez mon regard).

Alain Granat

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