Un amour (roman) de Richard Copans : la grâce documentaire

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Repensons à nos classiques proches ou anciens : dans la majorité des films, les parents c’est méchamment compliqué… Absents, maltraitants, paradoxaux, honteux, mafieux, incompréhensibles, intrusifs, Dark Vador ou Mrs Robinson, la liste est quasi infinie. Il n’y a pas beaucoup de types qui font des films pour dire que leurs parents sont extraordinairement aimables. Richard Copans le fait. Soit Un Amour (roman), film pour raconter à quel point il aime ses parents, à quel point ceux-ci se sont aimés, et à quel point ils ont aimé la marche du monde, la vie, leurs enfants, le combat politique, et… la musique.
 
Richard Copans est cinéaste, chef opérateur, producteur entre autres des maîtres documentaristes Robert Kramer, Claire Simon, Stan Neumann, et fondateur du bastion documentaire des Films d’Ici. Un Amour (roman) est le « prequel » de son film Racines (2003) dans lequel, à la faveur d’une cascade d’opérations dentaires, il prenait son problème de racines au pied de la lettre et remontait le cours de ses racines familiales. Racines transatlantiques, transeuropéennes et forcément transculturelles : Simon son père américain juif litvak, Lucienne sa mère française picarde catholique. Une rencontre improbable vers un immense amour auquel se consacre son nouveau film. Il l’enveloppe dans un patchwork documentaire qui swingue au gré du jazz que le héros passe à la radio et que son fils aime écouter. Inspiré d’un stock de lettres de son père à sa mère, Copans a écrit des textes avec l’écrivaine Marie Nimier, leurs mots tissent des liens gracieux entre les pièces du patchwork, et la voix de Dominique Blanc les emmènent tout près du cœur.
 
Lucienne et Simon forment un duo de mensch qui fait rêver à nos films de famille respectifs, ceux qu’on aimerait faire, qu’on a la flemme de faire, ou qu’on ne peut pas faire faute de preuves. Le duo d’amoureux voyage dans le temps et l’espace de la Grande – et petite –  Histoire, et leur fils revisite avec générosité leur itinéraire semé de mots d’amour. Voilà du vrai « feelgood movie », on en sort assoupli et remué, et c’est si bon comme dit la chanson.
 
Jazzy sérénade,  Un amour (roman) coule de source. Il est porté par l’aisance de celui qui sait raconter les histoires, la fraîcheur de celui qui n’en a rien à faire de l’ironie maltraitante. Le vibrato du film nous dit la possibilité d’aimer dans la vraie vie, celle qui n’est pas du cinéma et dont est fait ce film. Courons nous mettre dans le bras de cet amour.
 
Aggie Sheingarten
 
Sortie en salles le 25 mars
 
La bande-annonce de Un amour (roman)
 

UN AMOUR HD 720p from Shellac Sud on Vimeo.
 
© photos : Les Films d’Ici

Article publié le 25 mars 2015. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2015 Jewpop
 

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