« J’étais dans mon bureau », la vraie scène de théâtre de Frédéric Biessy, directeur de La Scala

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Jeudi dernier, des lycéens juifs parisiens, venus jouer et assister à un spectacle de fin d’année au théâtre La Scala ont eu droit en préambule à un discours militant du directeur de l’établissement, Frédéric Biessy, citant – entre autres – Netanyahou comme le « pire » des dirigeants internationaux, et provoquant par la suite des insultes antisémites envers ces lycéens. Face aux réactions sur les réseaux sociaux, Frédéric Biessy, en mode communication de crise, s’est fendu d’une lettre édifiante.

Il faut comprendre une chose :
quand on dirige un théâtre parisien appartenant à sa femme milliardaire, Mélanie Biessy, qui se dit « extrêmement féroce et très prudente » dans une interview au Monde en 2024, on ne fait pas un “discours”.

On fait un TED Talk sous tension patrimoniale.

Parce qu’au fond, toute cette histoire ressemble surtout à celle d’un homme qui a oublié une règle essentielle du mariage contemporain :

Tu peux provoquer des lycéens juifs…
mais pas dans un actif immobilier de ton épouse.

Et là, soudain, la lettre d’excuses prend une autre saveur.

« J’en assume la responsabilité. »

Oui.
Parce qu’à un moment, Mélanie Biessy a probablement dû entrer dans le bureau de son époux avec ce regard très spécifique des ultra-riches, quand la presse commence à citer le nom du lieu qu’ils financent.

Le regard qui dit :
— “Fred… pourquoi X parle de La Scala entre deux sujets sur Gaza et la météo ?”

Lui, pâle :
— “Chérie, c’était une réflexion sur la liberté d’expression…”

Elle :
— “Mais tu vas bien fermer ta gueule, c’est compris ? ”

Et puis cette phrase d’un grotesque inouï écrite par Frédéric Biessy dans ce communiqué de presse foireux :

« J’étais remonté dans mon bureau. »

On comprend mieux maintenant.

Il n’était pas “dans son bureau”.
Il était probablement en train de vérifier s’il était encore directeur.

Parce qu’il existe deux types de patrons :
ceux qui convoquent un conseil d’administration,
et ceux qui dorment à côté de l’actionnaire majoritaire.

Le capitalisme familial, c’est particulier.

Dans les grands groupes du CAC 40, quand tu crées une polémique, tu reçois un mail RH.
Dans un théâtre détenu par ton épouse milliardaire, tu reçois :
— “On va parler à la maison.”

Et honnêtement, la vraie scène de théâtre, elle est là.

Pas dans la salle.
Pas dans le communiqué de presse.
Mais dans l’appartement du VIIe arrondissement à 23h12.

— “Je rêve ou tu as cité Netanyahou ?”
— “Oui mais dans une réflexion artistique et politique.”
— “Devant des lycéens juifs, sérieux ?”
— “…oui.”
— “Et ensuite ?”
— “Je suis monté dans mon bureau.”

Silence.

Le silence des grandes fortunes françaises.
Un silence qui coûte déjà trois attachés de presse.

Et pendant que les élèves s’insultaient en bas, lui était peut-être réellement dans son bureau… en mode prompt ChatGPT :

“Comment rédiger excuses républicaines sans démission”

Mais ce qui rend cette histoire sublime, c’est l’écart permanent entre la gravité du ton et l’absurdité du décor.

On parle quand même d’un théâtre chic parisien où des adolescents faisaient probablement une adaptation contemporaine d’Antigone, avant qu’un adulte décide d’y ajouter en introduction une couche de boboïsme compatible LFI .

C’est très France 2026.

Tu viens voir des lycéens jouer du Racine…
tu repars avec un communiqué sur « un registre géopolitique » et un directeur réfugié dans son bureau comme Louis XVI à Varennes.

Et puis il faut dire que Frédéric Biessy a une carrière fascinante :
c’est probablement le seul homme à avoir réussi l’exploit de créer des polémiques aussi bien dans un collège catholique ultra-bourgeois… que dans un théâtre arty de gauche.

Ça s’appelle la transversalité républicaine.

Parce qu’après Stanislas, beaucoup auraient choisi la discrétion.
Lui non.

Il a regardé la France et s’est dit :
— “Et si je refaisais exactement la même chose… mais avec des élèves de Première et un théâtre financé par ma femme ?”

Visionnaire.

À ce stade, ce n’est plus une maladresse, c’est une ligne éditoriale.

On imagine les DRH parisiennes recevoir son CV avec cette sueur froide immédiate :

“Compétences :
— direction culturelle
— prise de parole publique
— création de malaise en milieu éducatif”

Et cette capacité incroyable à toujours finir dans une lettre d’excuses.

D’autres collectionnent les Molières.
Lui collectionne les communiqués de contrition en PDF.

Franchement, s’il poursuit dans cette voie, Grasset Gallimard lui publie directement un essai :

J’étais dans mon bureau — Chroniques de gouvernance culturelle sous tension.

Préface de la cellule communication de crise

Et derrière tout cela flotte l’ombre de Mélanie Biessy, figure désormais quasi mythologique :

la milliardaire discrète qui voulait financer la culture et des films d’auteur,
et qui découvre qu’elle finance désormais aussi des crises de communication.

Au fond, cette lettre n’est pas une excuse.
C’est un homme qui écrit :

“Chérie, s’il te plaît, ne change pas les serrures.”

Alain Granat

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