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La purée de Mémé Hélène,
la purée de ta mère

Photo représentant un paquet de puée Mémé Hélène Jewpop

 

On a beau regarder MasterChef avec assiduité, il y a toujours un moment où on est en panne d’inspiration culinaire. C’est à ce moment-là qu’intervient la purée en flocons Mémé Hélène, modestement intitulée « La Délicieusss ». Avec 3 S finaux, parce qu’avec 2, c’était pas homologué casher par le Rav Eliezer Wolff d’Amsterdam.

 

Comme sur tous les produits Mémé Hélène, figure sur le paquet la photo de ladite Mémé Hélène avec ses dates de naissance et de mort, 1919-2002, et l’inscription Z’al en hébreu (en français « que sa mémoire soit bénie »).

 

En ce qui me concerne, quand je la vois, je lui trouve un air de ressemblance troublant avec la mère de ma mère, laquelle faisait des frites hyper fines et claires au bon goût de pomme de terre et d’huile. De là à douter de l’existence réelle de cette Mémé Hélène, au profit du portrait robot faisant d’elle une mémé universelle qui parle à tous les inconscients d’obédience judaïque, il n’y a qu’un pas qu’on fera avec nonchalance, comme on traîne sa tong sur les trottoirs ensablés de Juan-les-Pins, un 15 août.

 

En tout cas, ce portrait sent bon l’astuce marketing pour inspirer confiance et familiarité. Les couleurs pétantes et les textes genre écrits par l’étudiant un peu artiste déluré en PAO et lettres modernes de la famille, confirment cette sensation de pas-de-chichi-on-est-en-famille.

 

Quant à la purée en elle-même, elle est présentée dans 4 sachets de flocons, qu’un douanier antisémite confondrait sans peine avec des sachets de coke. Consignes de préparation et idées de recettes sont détaillées sur les côtés de la boîte, mais chacun fait comme il veut, en fait, tant que l’objectif d’agglutiner les flocons en une masse compacte est atteint (comme la tarte, même si ça n’en est pas).

 

En ajoutant un jaune d’œuf, on obtient une purée d’une couleur proche d’un écrasé de pommes de terre fait maison. Niveau goût, il est nécessaire de ne pas oublier le sel, pour retrouver un vrai goût de patate. Ce vrai goût de patate qui rassure parce qu’il parle à un inconscient lointain.

 

En gros, Mémé Hélène, c’est cette Mémé qui ne soigne plus son apparence et qui pique quand on la bise, mais c’est une Mémé qui s’applique à donner du plaisir aux papilles. La Mémé des papilles.

 

Ingrid Zerbib

 

Lire d’autres chroniques d‘Ingrid Zerbib sur Jewpop

 

Copyright photo : DR

Article publié le 10 septembre 2012. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2019 Jewpop

 

 

 

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