Jonathan Pollard Jewpop

Jonathan Pollard, 007 en mode Emouna

3 minutes de lecture

Donald Trump prépare ses deux derniers coups avec l’extradition imminente de Julian Assange vers les États-Unis, et la récente libération du plus célèbre espion américano-israélien vivant, Jonathan Pollard.
 
Accueilli en Terre promise par Benyamin Netanyahu, un passeport israélien à la main, à sa sortie du jet de Sheldon Adelson – principal contributeur israélien de la campagne du président sortant – Pollard a passé 30 ans en détention dans une prison américaine pour avoir dévoilé des milliers de documents secrets qui eurent un rôle prépondérant pour la sécurité d’Israël. Il reste un mystère absolu.
 

Pollard Netanyahu Jewpop

Check du coude #PetitJuif

 
Jonathan Pollard est le dernier spécimen d’une race éteinte d’espion à l’ancienne, moitié OSS 117, avec ses microfilms, ses sarbacanes planquées dans son Montblanc®, moitié lanceur d’alerte. Comme Assange et Snowden, Pollard est un informaticien. Il a connu un destin plus funeste que celui qu’Eric Rochant (Le Bureau des légendes) a décrit dans son film Les Patriotes, dont le personnage de Jeremy Pelman incarné par Richard Masur s’inspire.
 

Les Patriotes Jewpop

Tkt, il sera libéré avant la fin de l’année

 
Mal reçu à sa sortie, le film est devenu culte, d’autant plus qu’il n’existe qu’une seule interview – surréaliste – de Pollard, et pas un seul documentaire à son sujet. Contrairement aux lanceurs d’alerte, masqués, l’espion n’est lui jamais devenu une icône pop, mais un épiphénomène situationniste qui rappelle le concept d’Emouna dans la tradition juive, qu’on pourrait traduire par la vertu de l’invisible.
 
Julian Assange, l’anti-souverain, se place aussi dans le temps discret dont l’horrible biopic avec Benedict Cumberbatch fut la pire chose qui pouvait lui arriver. Ce ne fut pas le cas de Pollard, et force est de constater que malgré les bonnes intentions avortées du Garde des sceaux Éric Dupont-Moretti à lui accorder l’asile politique de la France, le premier a perdu et le second a gagné.
 
Trump semble de plus en plus se diriger vers une fin de règne proche de celle du héros de son film préféré, Citizen Kane. Et Pollard est sa Rosebud.
 
Alexandre Gilbert
 
Lire les chroniques d’Alexandre Gilbert sur Jewpop
 
© photos :  DR

Article publié le 30 décembre 2020. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2020 Jewpop
 
 
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