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Mac Miller, disparition d’une étoile du rap

 

L’annonce hier du décès du rappeur Mac Miller à la suite d’une overdose, à l’âge de 26 ans, a causé un immense choc dans le monde des fans de hip hop. Les hommages se multiplient depuis sur les réseaux sociaux, de Snoop Dogg à Drake en passant par Missy Elliot, effondrés par la nouvelle de sa disparition. Jewpop revient sur la fulgurante carrière de celui qui se qualifiait avec autodérision de « coolest Jewish rapper ».

 

« Je suis le rappeur juif le plus cool »

 

Malcolm James McCormick est né en à Pittsburgh, dans une famille bourgeoise à l’image de celles des Beastie Boys, une mère juive et un père catholique, Karen Meyers est photographe et Mark McCormick architecte. En 2011, l’artiste expliquait à un journaliste du site canadien ShalomLife.com qu’il avait été élevé dans la tradition juive, faisant sa bar-mitsva et célébrant les principales fêtes. À la question « Drake a récemment déclaré qu’il était le meilleur rappeur juif de la scène hip hop », Mac Miller répondait avec espièglerie « sans vouloir lui manquer de respect, ce n’est pas lui ! Je suis le rappeur juif le plus cool », avant d’ajouter en riant « on devrait faire une chanson de Hanouka ensemble, parce qu’on est tous les deux juifs, tu piges ? ».

 

 

 

Jewish Swag

Le magazine Variety, après l’annonce de la disparition de Mac Miller, a interviewé le rappeur juif Kosha Dillz sur sa relation avec l’artiste. Il se souvient de leur première rencontre, en 2009, en backstage d’un concert à Chicago où ils se produisaient tous deux. « Je lui ai offert un t-shirt promo de mon label, avec le logo Oy Vey All Day » raconte-t-il. « Quand il a sorti son titre Oy Vey, j’aime à penser que j’y suis un peu pour quelque chose », ajoute-t-il en précisant « J’étais heureux qu’il se revendique juif en tant que rappeur, on était alors peu nombreux à représenter un judaïsme cool ». Kosha Dillz évoque également le festival hip hop Paid Dues 2011 où ils se retrouvent, alors que Mac Miller y figure en tête d’affiche. Les concerts se déroulent lors des fêtes de Pessah et Kosha Dillz organise dans sa tente de merchandising un seder, immortalisant la scène dans une vidéo qu’il publie sur YouTube. La dernière rencontre qu’il évoque a lieu au festival Coachella en 2017. « Il avait l’air heureux, je lui raconte que je viens de réaliser une playlist des meilleurs rappeurs juifs où il figure aux côtés de Drake, Lil Dicky et d’autres… Il me remercie de l’avoir placé avec ces artistes, et je lui parle ensuite d’aller se produire en Israël. Je vis alors ses yeux briller ».

 

 

Donald Trump

 

Multi-instrumentiste et auteur de ses premiers textes à l’adolescence, il accède rapidement à la notoriété en postant sur Internet ses premiers titres. Il n’a que 15 ans lorsqu’il publie en 2007 sa première mixtape, But My Mackin’ Ain’t Easy, sous le nom de EZ Mac. À 18 ans, il signe sous son nom d’artiste Mac Miller avec le label indépendant Rostrum Records et c’est en 2011, avec sa 5ème mixtape, qu’il rencontre son premier grand succès, porté par le titre Donald Trump. Une chanson sur le désir de « devenir immensément riche », qu’il titre ironiquement du nom du futur président, alors encore magnat de l’immobilier. Ce dernier déclarera, à la sorti du morceau, avoir été flatté par cette chanson, tout en disant que les paroles étaient « un peu difficiles à comprendre», qualifiant au passage le jeune artiste de «nouveau Eminem». Le clip de Donald Trump a été vu depuis près de 150 millions de fois sur YouTube, tandis que l’artiste, avec l’arrivée du milliardaire au pouvoir, ne manquait pas de dénoncer sa politique lors de ses concerts, inversant le message initial des paroles de sa chanson.

 

 

Miller de rien, n°1 des charts US

Son premier album studio, Blue Slide Park, sorti en 2011, atteint le sommet des charts US, le propulsant au sommet de la scène rap. Il est alors l’un des très rares artistes à devenir n°1 du Billboard avec un premier album publié par un label indépendant. Son flow et ses vocals détendus, ses textes sensibles et profonds, rompant avec la légèreté de ses débuts, ses influences musicales clairement old school, soul et psychédéliques, sur des instrumentaux tendance minimaliste, forgeront son style unique. Après la parution en 2013 de son 2ème album Watching Movies with the Sound Off, il crée son propre label, nommé REMember Records en hommage à l’un de ses amis disparu. Entretemps, il fait un featuring sur le titre The Way qui figure sur le premier album de la chanteuse Ariana Grande, puis part pour sa première tournée européenne avec Lil Wayne et 2 Chainz.

 

 

 

Swimming en eaux troubles

En 2014, Mac Miller annonce qu’il a signé un deal entre son label et la major Warner pour un montant record de 10 millions de dollars. Son 5ème album, Swimming, publié en août 2018, est marqué par sa rupture avec Ariana Grande, sa compagne depuis 2016. Un disque où il s’entoure d’invités de marque, du fabuleux bassiste Thundercat à l’excellent guitariste Steve Lacy – ne pas confondre avec le célèbre jazzman – et son groupe The Internet. Album voguant entre mélancolie et groove, Swimming est une totale réussite, à l’image du titre What’s The Use.

 

 

Les démons et merveilles de Mac Miller

 

MacMiller Jewpop

 

 

Mac Miller parlait ouvertement de ses addictions à l’alcool et à de nombreuses drogues. Il avait déclaré au magazine Rolling Stone «Est-ce que j’ai consommé des drogues ? Oui. Mais suis-je un toxicomane ? Non» et disait, à la sortie de son dernier album, aller mieux. L’artiste s’était tatoué une Magen David sur un doigt et la lettre « Hai » (« vivant » en hébreu) sur le bras. Il continuera à vivre à travers sa musique, l’une des dernières vidéos qu’il a enregistré pour le NPR Tiny Music Show en août 2018 ne nous fera que plus le regretter.

 

 

Lou Levy

 

© photos : DR 
Article publié le 8 septembre 2018, tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2018 Jewpop

 

 

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