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Ashkénaze-Séfarade, on refait le match avec Tenou’a

Couverutres magazine Tenoua Jewpop

Impossible de confier la chronique du nouveau numéro de Tenou’a à un(e) seul(e) journaliste de notre rédaction pour traiter sereinement de ce numéro à lire dans les deux sens (au propre et au figuré), en version “J’aurais voulu être…” ashkénaze et/ou séfarade. Nous avons donc choisi deux représentantes de ces belles communautés au sein de l’équipe de Jewpop, Sharon Boutboul et Jackie Schwartz, pour recenser ce numéro. Le tirage au sort a désigné Sharon Boutboul comme première chroniqueuse publiée. N’y voyez aucun signe d’affinité élective.

 

Couverture Tenoua Sefarade Jewpop

 

Vous vous en doutez, j’ai évidemment débuté la lecture de ce numéro par le “sens” séfarade. Il fait un temps de chien, les bars vont fermer… Si je dois en plus me taper des articles dépressifs, je me tire une balle. Et puis franchement, qui aurait voulu être ashkénaze ? La question elle est vite répondue, comme dirait l’autre. J’ai donc particulièrement kiffé (oui, je sais, l’expression est un peu cliché) la série d’articles qui composent ce versant séfarade du nouveau numéro de Tenou’a.

 

À commencer par l’édito de Delphine Horvilleur, qui reconnaît avoir découvert enfant la joie de vivre entourée de ses copines sef’ en colo. Comme je la comprends… L’unique fois où mes parents ont eu l’idée saugrenue de m’envoyer passer les vacances de Pâques au JJKK (“Jeunesse, Judaïsme, Kreplech, Kichke”), je suis revenue traumatisée. J’avais passé la première semaine à apprendre les techniques de construction d’un abri souterrain en forêt (“Si les nazis reviennent, vous nous remercierez !” nous expliquait le directeur de la colo) et la seconde à maîtriser l’art de la suture du cou d’oie farci à l’aide d’une aiguille à brider (“La couture, ça vous servira toujours !”, nous disait-il en pointant son doigt vers notre poitrine).

 

Je me suis ensuite plongée dans la passionnante “Possibilité d’un féminisme séfarade” de Noémie Issan-Benchimol, admirablement évoquée au travers d’un rapport particulier au corps, à la tradition, et à un langage “non policé”. Tout moi.

 

Avec Gabriel Abensour, qui pose brillamment la question de l’identité séfarade, j’ai retrouvé ce qui m’a construit : “Le récit familial s’écrit et se réécrit avec pour fil conducteur une judaïté intangible”, tandis que le bel article d’Ariel Danan consacré à la liturgie séfarade, merveilleusement illustré d’œuvres du réalisateur d’animation et dessinateur israélien Dotan Moreno, fait l’éloge de ces mélodies qui ont marqué mon enfance à la synagogue.

 

Ne manquait plus qu’une touche indispensable de cuisine, délivrée par la cheffe Chloé Saada, qui nous rappelle que la cuisine séfarade ne s’apprend pas dans les livres, mais auprès de nos aînées. Alors oui, j’ai goûté ce numéro aux parfums enivrants. Sinon, la partie ashkénaze se laisse lire. Enfin c’est vous qui voyez.

 

Sharon Boutboul

 

 

 

En découvrant l’édito de Delphine Horvilleur dans ce merveilleux numéro de Tenou’a, j’ai découvert qu’elle avait, comme moi, fait le test ADN et qu’elle était, comme moi 100% ashkénaze. Voilà qui nous fait un second point en commun. Le premier, c’est que moi aussi on m’a fait l’honneur d’être jurée dans un festival. Bon, ce n’était pas celui du cinéma américain de Deauville, mais celui du festival du film de la Shoah organisé par le CAYCB (Cercle de l’Amicale Yiddish du Cimetière de Bagneux).

 

J’ai ensuite lu avec délectation l’émouvante chronique de ma consœur The SefWoman, qui aurait volontiers voulu être ashkénaze, une évidence qui s’impose naturellement. C’est pour ça que le boss de Jewpop l’avait recrutée. Il nous avait dit “elle m’a touché et mérite bien une deuxième chance”. Il a eu du nez, si l’on peut dire.

 

J’ai poursuivi avec l’une de mes idoles, l’auteure et artiste Rachel Khan, dont le texte sur sa condition de femme, juive ashkénaze et noire, me touche particulièrement. Nino Ferrer chantait “J’aurais voulu être Noir”, il aurait pu ajouter “ et Ashkénaze”, tant sa “Maison près de la fontaine” sonne comme une mélodie du shtetl… Bon, là je sens que je suis en train de plomber l’ambiance, on ne se refait pas.

 

Grâce à Anne Karila-Danziger et sa délicieuse chronique “Comment j’ai épousé un ashkénaze”, j’ai retrouvé ma moitié. Je le confesse, mon amoureux est séfarade. J’ai failli. Quand je l’ai présenté à mes parents, mon père, qui pensait bien faire, a fait du name dropping en lui parlant de son ami Michel Munz, un ashkénaze qui a écrit le scénario de “La vérité si je mens”, insistant lourdement sur le côté “c’est tellement bien vu, non ?”. Comme mon amoureux est poli comme un ashké, il l’a laissé déblatérer sur la “faconde” des séfarades, tellement “exotique”.

 

Je me suis ensuite retrouvée dans les bouleversantes “Mémoires du XVIIe arrondissement” de la chanteuse et écrivaine Talila, sur fond de carpe nageant dans une baignoire et de cuisine en formica, comme celle de mes grands-parents. Qui n’a pas connu cette baignoire n’est pas vraiment ashkénaze…

 

Et pour finir sur une note savoureuse, l’article de Benjamin Olivennes dédié aux Deli m’a furieusement donné envie de déguster des cornichons “au tonneau”, comme mon père va encore en acheter au Pletzl, à l’image de la superbe illustration de couverture de ce numéro de Tenou’a. Vous l’aurez compris, entre un piment et un cornichon, le choix est vite fait. Mais vous pouvez quand même jeter un œil sur la partie “séfarade” du magazine, j’y ai noté la signature de Laurent Sagalovitsch, comme quoi nous sommes vraiment partout !

 

Jackie Schwartz

 

Le site tenoua.org

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Visuels © Tenou’a / DR
Article publié le 7 octobre 2020, tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2020 Jewpop

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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